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31 octobre 2016

Couillard et les naïfs

Frédéric Bérard

chronique juridique
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Vous savez ce qu’est un «couillard»? Pas le nom propre, bien sûr. Le nom commun. Non? Voici: «Le couillard est un engin militaire offensif, utilisé au Moyen-Âge pour contaminer une place assiégée ou en détruire les défenses.» (Source: Wikipédia) Le rapport? N’y voyez-vous pas, tout comme moi, certaines similitudes conceptuelles entre cette arme classique et notre premier ministre?

Les faits, d’abord. Le gouvernement Couillard est élu en 2014, essentiellement sur la base de la crainte, réelle ou appréhendée, d’un nouveau référendum. Dans le programme électoral du Parti libéral, rien, ou à peu près, ne réfère à quelconque mesure de coupes budgétaires, ou encore d’austérité pure et simple. Une fois confortablement installé au pouvoir, et fort d’une majorité intéressante, le gouvernement Couillard prend tout le monde par surprise et met rapidement en place l’opération «pressage de citron». Tout y passe: coupures majeures, voire immenses, dans le domaine de la santé, de l’éducation et autres services jugés essentiels.

L’impact se fait surtout, on en sait quelque chose, en régions. Pourquoi? Notamment parce la perte d’un job bien rémunéré fait, toute proportion gardée, d’ordinaire plus mal à l’extérieur des grands centres urbains. Parce que la contribution étatique à la vitalité économique y est davantage nécessaire, voire impérative. Parce que les multiples valeurs des services sociaux n’y font aucun doute.

En bref, un saccage quasi total. Au nom de quoi? De l’austérité. Celle qui est pourtant décriée par la grande majorité des économistes comme étant contre-productive. Peu importe. Faut freiner les dépenses gouvernementales, qualifiées de vertigineuses.

Ainsi, et pendant plus de deux ans, le gouvernement Couillard coupe à yeux pratiquement fermés, et siphonne la classe moyenne de quelque 800 millions de dollars en taxes et impôts supplémentaires. Engin militaire offensif, le Couillard. Tout ceci, rappelons-le, au moment où les Bombardier de ce monde obtiennent de juteuses subventions. Austérité qui, apparemment, s’applique à géométrie variable.

Juillet dernier, maintenant. Après deux petits coups de cuillères à pot, grosse nouvelle. Surplus record: 1,65 milliard de dollars. Eh ben. La semaine dernière, plus grosse nouvelle encore: le surplus record explose de nouveau. 3,2 milliards, cette fois.

Certains diront: il est où, le problème? Ne vaut-il pas mieux engendrer des surplus que des déficits? Bien sûr que oui, ça va de soi. Mais est-ce réellement la question, ici? Pas sûr.

Sur le dos de qui se sont justement engendrés ces surplus records? De Bombardier? Pense pas. Des classes moyenne et défavorisée, celles qui paient le gros prix, justement, des coupes à même les services sociaux les plus élémentaires. Celles qui auront perdu le valeureux apport d’un orthopédagogue, d’un travailleur social, de maints organismes à vocation communautaire, pour seuls exemples.

Et le pire, là-dedans? Que le plan du gouvernement Couillard était déjà préparé à l’avance, dès son élection: on coupe au début du mandat, on engendre les surplus, et on réinvestit ceux-ci aux mêmes endroits où nous avons coupé. Logique, non? On tond les moutons pour leur préparer de beaux manteaux de laine. Brillant. Arrive donc, sous peu, un kamikaze de réinvestissements massifs. Jusqu’à la prochaine élection du PLQ…

F_berard@twitter.com

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