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6 novembre 2019

Fermeture temporaire de l'usine de Thurso

« On y mettra tous les efforts pour assurer la relance », assure le gouvernement du Québec

Kathleen Godmer , journaliste

La fermeture temporaire de l’usine de Fortress à Thurso en Outaouais pourrait avoir de sérieuses conséquences dans la région (photo : Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).
La fermeture temporaire de l’usine de Fortress à Thurso en Outaouais pourrait avoir de sérieuses conséquences dans la région (photo : Simon Dominé – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Le gouvernement du Québec a décidé d'agir afin de réunir les conditions favorables pour permettre la relance de l'usine de Fortress, à Thurso, en Outaouais, dont les dirigeants ont confirmé la fermeture temporaire le 7 octobre dernier. Sans en avoir l’air, cette fermeture aura des impacts sur notre région.

« Nous allons perdre un preneur de pâte essentiel à la survie de nos usines. »
– Robert St-Martin, directeur général de Forex inc.

Bien conscient que cette situation aura beaucoup d’impact sur l’avenir de l’entreprise, de ses employés ainsi que sur plusieurs autres compagnies qui sont liées aux activités de Fortress, même si celles-ci ne sont pas localisées à Thurso, le gouvernement du Québec prend le problème au sérieux.

Le gouvernement en mode solution

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, a annoncé, le 8 octobre, qu’en vue de mettre en place un processus pour trouver un investisseur stratégique, Québec accorde, en plus du montant de 5 M$ attribué l'été dernier, un prêt maximal de 8 M$ à Fortress. 

Cette contribution financière permettra à l’entreprise d'instaurer des mesures de conservation des actifs pendant la fermeture temporaire de l'usine et de compléter le processus de sollicitation visant sa vente.

Il a aussi expliqué que compte tenu des conditions de marché défavorables actuellement, les dirigeants de Fortress ont été dans l'obligation de fermer temporairement l'usine de Thurso et qu’il est important pour le gouvernement d'intervenir maintenant afin de maximiser les chances de relance de l'usine, de maintenir des emplois (323 travailleurs) et de rassurer les fournisseurs. 

L’entreprise se trouve dans cette situation depuis que le prix de la cellulose spécialisée qu’elle produit a diminué de 25 % dans les six derniers mois. Une problématique qui viendrait des tensions commerciales avec la Chine.

Un réseau entier impacté 

Le gouvernement veut trouver une solution pour assurer la viabilité de l’usine car elle joue un rôle déterminant dans la structure industrielle forestière autant en Outaouais que dans les Laurentides. 

L'usine s’approvisionne à partir de bois (feuillus durs) qui se retrouvent en abondance sur ces territoires. Cela représente un important enjeu pour les entreprises de coupe de bois et pour les usines de transformation comme les scieries, ainsi que pour les compagnies de transport. 

De son côté, Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région de l'Abitibi-Témiscamingue, a affirmé que l'aide financière annoncée est non seulement nécessaire pour Fortress, mais pour un grand nombre d’entreprises qui font affaire avec elle. Selon lui, c’est donc tout un réseau qui subira les conséquences de cette situation si l’usine fermait définitivement.

Même s’il semble être encore tôt pour tracer un portrait, pour ce qui est de la MRC d’Antoine-Labelle, des répercussions sont aussi à prévoir. 

« Pour le moment, je ne peux malheureusement me prononcer sur ce sujet compte tenu du manque d’informations que j’ai en ma possession concernant les impacts immédiats que cette fermeture aura sur les entreprises dans la région. Il est toutefois clair que Zone Emploi sera attentif à la situation afin d’intervenir au besoin pour aider les entreprises et les chercheurs d’emploi si nécessaire », a mentionné David Bolduc, directeur général de Zone Emploi.

Du côté du Centre local de développement (CLD), le directeur général Frédéric Houle a expliqué ne pas encore avoir eu le temps de se pencher sur la question.

« Ça aura un impact énorme »

Robert St-Martin, directeur général de Forex inc, a, pour sa part, affirmé que « oui, ça aura un impact énorme puisque nous allons perdre un preneur de pâte essentiel à la survie de nos usines. Toutes les usines de la région et de l’Outaouais vont en subir les contrecoups ; Commonwealth Plywood, Groupe Crête, Groupe Lauzon, Résolu, Louisiana-Pacific. Nous allons devoir essayer de trouver d’autres preneurs de pâtes qui seront à de très grandes distances, donc à un prix moindre pour l’usine et à des coûts plus élevés pour les transporteurs aussi touchés cette réalité ».

Steeve Charbonneau, des transports Michel Charbonneau, a raconté que dans le cas de son entreprises des conséquences sont déjà ressenties. 

« Présentement, pour nous, ce sont cinq à sept camions qui transportaient là-bas, à longueur de semaine, qui ne sont plus dans la possibilité de le faire. On a donc dû rapidement trouver autre chose, d’autres contrats, pour ne pas que ces chauffeurs-là restent arrêtés. On en a trouvé à l’extérieur et à date, on n’a pas eu de manque de travail ni de mise à pied, mais par contre les nouveaux contrats sont plus loin et occasionnent plus de coûts pour la compagnie comme l’essence. Je suis convaincu que ça va finir par occasionner un ralentissement important du côté forestier », a-t-il expliqué.

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Kathleen Godmer , journaliste

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