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16 octobre 2019

Ferme-Neuve

Il se représente seul devant le tribunal

Gilles C. Poirier , journaliste judiciaire

Un homme qui s’est d’abord représenté seul avant de revenir en cour avec un avocat a écopé d’une peine de prison de 21 jours pour des faits survenus l’été dernier (photo : Pixabay).
Un homme qui s’est d’abord représenté seul avant de revenir en cour avec un avocat a écopé d’une peine de prison de 21 jours pour des faits survenus l’été dernier (photo : Pixabay).

Lorence Laverdière, 38 ans de Ferme-Neuve, se représentait seul, sans avocat, à son enquête sur remise en liberté le 23 septembre 2019, mais n’a pas été en mesure de convaincre le juge et est demeuré en détention jusqu’au prononcé de la sentence.

Il a comparu au palais de justice pour faire face à des accusations d’introduction par effraction, de séquestration, de harcèlement, de méfaits, de voies de fait, de menaces et de bris de probation. Les évènements sont survenus à Ferme-Neuve entre le 8 juin et le 18 septembre 2019.

Il se représente seul

Il a informé le tribunal qu’il n’avait pas d’avocat, qu’il ne voulait pas demeurer détenu et qu’il était prêt à procéder. Le juge Bénard lui a fait une mise en garde de se représenter seul, il a même imagé ses propos en lui soulignant que « quand on a mal aux dents on va voir un dentiste et quand on a un problème juridique on consulte un avocat ».

L’accusé a quand même maintenu sa décision. Le juge lui a par la suite expliqué les procédures touchant les faits, la preuve, l’interrogatoire et le contre-interrogatoire et les risques associés à ses déclarations.

Le témoignage du policier

Le policier appelé à témoigner a relaté les évènements des 8 et 10 juin, du 5 juillet et du 18 septembre 2019 qui ont conduit aux mises en accusation.

Dans le dernier évènement, il a fait mention de l’appel d’une citoyenne le 18 septembre signalant la présence d’un homme en caleçon à Ferme-Neuve. À leur arrivée, l’homme était dans la rue, très intoxiqué, et portait des éraflures sur le corps. Il se serait couché derrière le véhicule de son ex-conjointe pour l’empêcher de reculer et lorsqu’elle est partie, il s’est accroché au véhicule et aurait été trainé.

Pendant son arrestation, il a avalé un sachet contenant une poudre blanche qui pourrait, selon le policier, être de la cocaïne. Durant son transport au poste de police il a tenté de briser la vitre de l’auto avec ses pieds pour s’évader. L’accusé n’a pas contre-interrogé le témoin et a même mentionné que sa version était très plausible.

La prison n’est pas pour lui

Durant son témoignage, M. Laverdière a fait mention à plusieurs reprises qu’il ne voulait pas aller en prison, que la prison n’était pas pour lui, que pendant sa détention il était avec des voleurs et des bandits alors que quand il est à jeun c’est un « bon gars ». Il ne voulait pas retourner en prison, mais suivre une thérapie.

Il a mentionné que tous ses problèmes étaient reliés à sa consommation et qu’il était violent, désagréable et arrogant lorsqu’il était intoxiqué. Il a même ajouté : « Je suis en danger ».

Il a fait état des thérapies qui n’ont pas fonctionné, d’un voyage en Colombie où la cocaïne ne coûtait pas cher et de prise de médicaments pour des problèmes d’adaptation et de dépression.

Le père de l’accusé a de plus contacté la procureure aux Poursuites criminelles et pénales pour lui faire part de ses inquiétudes. Son fils est alcoolique depuis 20 ans, démontre un comportement agressif et il craint pour sa sécurité, celle d’autrui et même pour celle de son fils.

Remise en liberté refusée

Dans sa décision de refuser la remise en liberté de l’accusé, le juge Bénard a tenu compte que sa détention était nécessaire pour la protection et la sécurité du public.

Il a également ajouté que l’accusé, malgré son désir de cesser de consommer, n’a pas fait d’effort pour contacter une maison de thérapie et que ses thérapies par le passé n’ont pas réussi.

Finalement, il plaide coupable

Il est revenu une semaine plus tard, soit le 30 septembre 2019, cette fois-ci représenté par un avocat et a enregistré un plaidoyer de culpabilité. Il y a eu un arrêt sur les accusations d’introduction par effraction et bris de condition,

Il a été condamné à un total de 21 jours de prison, à une probation de deux ans et à une interdiction de posséder des armes pendant une période de dix ans.

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Gilles C. Poirier , journaliste judiciaire

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