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11 septembre 2019

État de santé du lac des Trente et un Milles

Un constat rassurant

Jordan Maheu

 Vue du lac des Trente et un Milles de la baie Matte à Gracefield (photo : Jordan Maheu – Le Choix Vallée-de-la-Gatineau).
Vue du lac des Trente et un Milles de la baie Matte à Gracefield (photo : Jordan Maheu – Le Choix Vallée-de-la-Gatineau).

À la suite des préoccupations du citoyen Marcel Gauthier quant à l’état de santé du lac des Trente et un Milles, le journal a contacté l’ancien président de l’Association pour la protection du lac des 31-Milles (APL 31-Milles) et aujourd’hui porteur du dossier environnement au sein du conseil d’administration, Denis Lacroix, afin d’avoir l’heure juste. Le constat est rassurant.

Au cours de la dernière décennie, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a effectué quatre analyses de l’eau du lac des Trente et un Milles, soit en 2009, 2010, 2015 et 2016. Les résultats obtenus se font rassurants. L’état trophique du lac est dans la classe ultra-oligotrophe, donc peu, ou pas de signes d’eutrophisation.

Le constat n’est en revanche pas aussi rassurant partout au Québec. Au début du mois d’août, le Journal de Montréal avait publié une série d’articles faisant état de leurs recherches sur l’état de santé des lacs au Québec. Le résultat est frappant. 200 lacs sont affectés par un vieillissement accéléré, donc dans un état préoccupant. Il n’y en a aucun dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau.

La MRC d’Antoine-Labelle compterait cependant sur quatre lacs présentant un état préoccupant : le lac Chaudron à Lac-Saguay, le Petit lac Noir à Rivière-Rouge, le lac des Journalistes à Ferme-Neuve et le lac Ouellette aussi à Ferme-Neuve.

Bien que l’état de santé du lac des Trente et un Milles ne démontre rien d’inquiétant selon les experts, le ministère de l’Environnement précise tout de même que le lac des Trente et un Milles est un plan d’eau à protéger. Afin de conserver son état et ses usages, le ministère recommande l’adoption de mesures préventives pour limiter les apports de matières nutritives issues des activités humaines. La sensibilisation au lavage des embarcations nautiques est une des mesures préventives.

Achalandage touristique

Denis Lacroix de l’APL 31-Milles a confirmé que l’achalandage touristique pourrait être une nuisance à l’état de santé actuel et/ou futur du lac, et ce, particulièrement par la prolifération du myriophylle à épi.

« La présence croissante de bateaux avec accommodation pour long séjour, c’est-à-dire, équipé de cuisine, toilette et douche, est préoccupant du fait qu’il n’a aucune station de pompage d’eaux usées dans les marinas ou mise à l’eau. Le nombre croissant de tournois de pêche est aussi préoccupant pour son impact sur la faune », a-t-il mentionné.

Ils souhaitent d’ailleurs que les cinq municipalités riveraines, soit Notre-Dame-de-Pontmain, Déléage, Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau, Bouchette et Gracefield, s’équipent toutes de stations de lavage de bateaux.

« La plante se reproduit par bouture, alors si un propriétaire d’embarcation n’est pas prévenant et transporte des boutures provenant d’un lac infesté, ces boutures vont s’implanter dans un nouveau milieu le pourquoi la nécessité des stations de lavage », a dit M. Lacroix.

À ce jour, seulement les municipalités riveraines de Déléage et de Gracefield comptent sur ce type de station.

À Notre-Dame-de-Pontmain, la municipalité dit en évaluer les options. Il n’y a pas de politique de mise à l’eau des embarcations ni de stations de lavage.

À Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau, la municipalité a fait savoir durant l’été qu’elle souhaitait s’équiper d’une station de lavage et qu’elle était à la recherche de financement.

À Bouchette, la municipalité mentionne sur son site web avoir des projets pour la mise en place de stations de lavage et avoir fait l’acquisition d’affiches faisant la promotion du lavage des bateaux.

L’ancien président de l’APL 31-Milles a mentionné que l’activité humaine était effectivement la cause principale de l’envahissement du myriophylle à épi, mais qu’il était important de ne pas oublier le phosphore et l’azote provenant de ruissellement, le mauvais aménagement d’une rive et la présence de fosses septiques non conformes.

Le myriophylle à épi est en prolifération

M. Lacroix a aussi confirmé que le myriophylle à épi était en prolifération dans le lac des Trente et un Milles et que la plante exotique envahissante peut se retrouver là il y a une présence accrue de phosphore.

Des colonies monospécifiques de myriophylles à épi de forte densité seraient principalement localisées dans les baies Davis, Noire, Malone, Matte et la Grande baie.

Autres plantes exotiques envahissantes

Il est important de savoir que le myriophylle à épi n’est pas la seule espèce aquatique envahissante qui menace les plans d’eau de l’Outaouais. La moule zébrée, la moule quagga, l’écrevisse à taches rouges, le cladocère épineux et la puce d’eau en hameçon sont d’autres menaces.

M. Lacroix craint particulièrement l’arrivée de la moule zébrée dans la Vallée-de-la-Gatineau.

Des colonies monospécifiques de myriophylles à épi de forte densité seraient entre autres localisées dans la baie Matte à Gracefield (photo : Jordan Maheu – Le Choix Vallée-de-la-Gatineau).

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