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11 septembre 2019

État de santé du lac des Trente et un Milles

Un citoyen de Gracefield lance un cri d’alarme

Jordan Maheu

Un citoyen de Gracefield s’inquiète de l’état de santé du lac des Trente et un Milles (photo : Jordan Maheu – Le Choix Vallée-de-la-Gatineau).
Un citoyen de Gracefield s’inquiète de l’état de santé du lac des Trente et un Milles (photo : Jordan Maheu – Le Choix Vallée-de-la-Gatineau).

Le citoyen de Gracefield Marcel Gauthier s’inquiète de l’état de santé du lac des Trente et un Milles. Il lance un cri d’alarme à la population et à la classe politique de la Vallée-de-la-Gatineau dans l’espoir de protéger le lac de la pollution avant qu’il ne soit trop tard.

M. Gauthier juge être ignoré par la classe politique de la Vallée-de-la-Gatineau. Il affirme avoir avisé la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau et les municipalités riveraines de ses préoccupations en leur envoyant des lettres et en se présentant à des assemblées du conseil municipal, mais il mentionne n’avoir jamais eu droit au respect.

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, affirme quant à elle n’avoir jamais été contactée par Marcel Gauthier et de ne pas le connaître.

Le journal a mis la main sur la lettre en question et a vérifié auprès du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) si les inquiétudes du citoyen étaient fondées.

L’urine humaine est-elle un polluant ?

En premier lieu, M. Gauthier a mentionné s’inquiéter du comportement des plaisanciers sur les lacs de la région, mais particulièrement au lac des Trente et un Milles. Il mentionne avoir vu à de multiples occasions des plaisanciers uriner directement dans le lac alors que l’urine humaine serait un polluant pour les lacs en agissant comme engrais au myriophylle à épi.

Il recommande donc aux municipalités d’installer à tous les endroits de mise à l’eau des réservoirs pour recevoir l’urine des embarcations nautiques. Les plaisanciers n’auraient qu’à apporter un contenant pour ramasser leur urine, au lieu d’uriner directement dans l’eau du lac.

Le MELCC a expliqué qu’effectivement l’urine peut devenir un polluant lorsqu’elle se retrouve dans l’environnement en concentration suffisante et constante pour être nuisible. Le ministère précise tout de même que l’urine est un déchet métabolique de la majorité des animaux et des humains, que la nature prend en charge naturellement lorsque la concentration est faible par rapport au milieu.

« L’urine contient de l’azote et du phosphore. Si elle est rejetée en grande quantité, sans traitement, dans un plan d’eau relativement fermé comme un lac, elle peut contribuer à l’enrichissement du milieu et au développement de plantes et d’algues. Tout est une question de quantité et de capacité du lac à le recevoir », a ajouté le ministère lorsque questionné sur la possibilité que l’urine humaine soit un engrais au myriophylle à épi.

Est-ce que la cendre est un danger pour les lacs et la flore ?

Le citoyen s’inquiète également de la gestion de la cendre des foyers extérieurs par les sites de camping avoisinant le lac. Il mentionne que les employés de ces sites de camping déverseraient la cendre directement dans la forêt. Il s’inquiète qu’avec la pluie la cendre se retrouve dans le lac et nuise à la faune et la flore.

« C’est pour ça qu’il y a bien des gens qui disent qu’il n’y a plus de poissons dans le lac des Trente et un Milles. On a juste à regarder le poisson “ blanc ”, déjà on en pêchant autant qu’on voulait. Aujourd’hui, essaie de pêcher un “ blanc ”, tu vas travailler pas mal pour en pêcher un », a dit à ce sujet Marcel Gauthier.

Il propose alors aux municipalités d’installer à tous les endroits de mise à l’eau des réservoirs pour recevoir la cendre.

À ce sujet, le MELCC a mentionné que la cendre contient des éléments nutritifs, dont du phosphore, et de ce fait, peut être utilisée comme engrais et qu’il est en effet préférable de ne pas déverser de la cendre en bordure de lacs.

Coupe d’herbe sur les rives

En dernier temps, M. Gauthier s’inquiète du comportement des propriétaires de chalet. Il mentionne que plusieurs d’entre eux coupent leur herbe jusqu’au bord de l’eau et que cela ne respecte pas la « loi sur le coupage de l’herbe ».

À cet effet, le MELCC a informé Le Choix qu’il n’y a pas de loi interdisant aux propriétaires vivant aux abords d’un lac de couper l’herbe de leur terrain jusqu’au bord de l’eau, mais qu’il existe une politique provinciale qui prévoit notamment qu’une bande de protection de cinq mètres doit être conservée dans son état naturel tout en permettant une ouverture de cinq mètres de largeur afin d’accéder au plan d’eau.

Il est important de noter que les municipalités peuvent quant à elles adopter des normes de protection plus sévères que celle de la politique provinciale et veiller à leur application.

Un citoyen de Bouchette a aussi contacté le journal afin de faire part de ses inquiétudes face à cette problématique.

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Jordan Maheu