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21 août 2019

Main-d’œuvre

Le milieu des affaires québécois réclame plus d’immigrants

Kathleen Godmer , journaliste

La députée Chantale Jeannotte considère que l’immigration est une solution à la pénurie de main-d’œuvre, mais qu’elle doit se faire graduellement afin de pouvoir améliorer la francisation des immigrants et assurer leur intégration à la société (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides)
La députée Chantale Jeannotte considère que l’immigration est une solution à la pénurie de main-d’œuvre, mais qu’elle doit se faire graduellement afin de pouvoir améliorer la francisation des immigrants et assurer leur intégration à la société (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides)

Au moment où le gouvernement Legault parle de recommencer à augmenter progressivement les seuils d’immigration, diminués comme promis durant la dernière campagne électorale, le milieu des affaires québécois réclame haut et fort une augmentation rapide et plus importante.

En effet, ce qui est demandé est un seuil minimal de 60 000 nouveaux arrivants par an, chiffre beaucoup plus élevé que les volontés exprimées par le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, en juin dernier, qui parlait, qu’après avoir baissé les seuils d’immigration d’environ 20 %, il serait possible d’admettre, d’ici 2022, entre 49 500 et 52 500 personnes.

Comme la région des Hautes-Laurentides ne fait pas exception et vit aussi les effets de la pénurie de main-d’œuvre, Le Courant a voulu savoir comment Chantale Jeannotte, députée de Labelle, percevait la situation et si selon elle, recevoir plus d’immigrants au Québec aura un impact pour les MRC comme Antoine-Labelle.

La députée s’exprime

« Nous prenons bonne note de la suggestion du milieu des affaires. D’ailleurs, d’ici à 2022, nous allons rehausser les seuils d’immigration graduellement, et de manière responsable en tenant compte de notre capacité de services et des besoins des personnes immigrantes en francisation et en intégration. Cependant, pour 2019, il était nécessaire de prendre un pas de recul. La diminution des seuils à 40 000 visait à nous donner la latitude nécessaire pour qu’enfin l’immigration soit un succès au Québec. Avec la loi 9, nous allons mieux arrimer la sélection des travailleurs qualifiés aux besoins spécifiques du marché du travail. Par ailleurs, nous avons investi massivement pour améliorer la francisation des immigrants et assurer leur intégration à la société », a expliqué la députée.

Francisation et intégration

Selon elle, l’immigration est l’une des solutions à la pénurie de main-d’œuvre, mais elle n’est pas la seule.

« Pour répondre adéquatement aux besoins des entreprises, il faut d’abord sélectionner les personnes immigrantes en fonction des besoins réels du marché de l’emploi du Québec, c’est ce que le nouveau système Arrima nous permet de faire. En tant que société d’accueil, on se doit également de mettre tous les outils en place pour favoriser et faciliter la francisation des nouveaux arrivants et c’est pour cette raison que nous avons investi 70 M$ pour la bonification des allocations et l’élargissement de l’accès aux services de francisation du gouvernement. Puis enfin, nous avons récemment annoncé le déploiement du Parcours d’accompagnement personnalisé qui permettra de favoriser et assurer une intégration réussie des personnes immigrantes à la société et au marché du travail. Le Parcours sera adapté aux besoins de chacun et permettra un suivi serré de la progression du processus d’intégration des personnes immigrantes », a poursuivi Mme Jeannotte.

Valoriser les régions

La politicienne fait aussi mention que pour son gouvernement, l’objectif est également de valoriser et faire connaître davantage les régions du Québec aux personnes immigrantes.

« Les candidats à l’immigration seront, dès l’étranger, invités à suivre une séance d’information sur les régions du Québec et les opportunités d’emplois qui s’y trouvent. Également, le système Arrima nous permet de favoriser la candidature d’une personne qui, par exemple, aurait une offre d’emploi validée d’une entreprise en région. Dans un contexte où plusieurs régions vivent avec un besoin de main-d’œuvre, l’immigration représente l’une des solutions pour assurer le développement économique du Québec », a-t-elle raconté.

Améliorer l’offre de services

Mme Jeannotte a conclu en rappelant que « l’objectif du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) est d’assurer un accompagnement personnalisé de proximité aux entreprises québécoises selon les réalités et besoins particuliers de chaque région. Il existe plusieurs services, entre autres la transmission d’information sur les programmes d’immigration, de l’aide dans le recrutement et l’embauche de travailleurs temporaires ou permanents à l’international et la francisation des immigrants ».

Elle a aussi affirmé que « malgré ces services existants, le gouvernement souhaite améliorer son offre de service, pour l’ensemble des régions, afin de mieux franciser et mieux intégrer les personnes immigrantes aux besoins du marché du travail. Et cela passe par davantage de ressources, dans toutes les régions du Québec. Nous prévoyons donc l’ajout de nouvelles ressources du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’inclusion ainsi qu’un déploiement de celles-ci dans toutes les régions du Québec. Et, j’ajouterais que nous sommes confiants que tous les efforts que nous déployons encourageront la régionalisation de l’immigration ».

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Kathleen Godmer , journaliste

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