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15 août 2019

Affaire SNC-Lavalin

David Graham réagit au rapport du commissaire Mario Dion

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Justin Trudeau, premier ministre du Canada. C’est The Globe and Mail qui a fait éclater au grand jour l’affaire SNC-Lavalin, le 7 février 2019 (photo : Cabinet du Premier Ministre).
Justin Trudeau, premier ministre du Canada. C’est The Globe and Mail qui a fait éclater au grand jour l’affaire SNC-Lavalin, le 7 février 2019 (photo : Cabinet du Premier Ministre).

Le député de Laurentides-Labelle, David Graham, s’est porté à la défense du premier ministre Justin Trudeau, au lendemain de la publication d’un rapport accablant à son sujet de la part du commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mario Dion.

« Il dit que le premier ministre défendait SNC-Lavalin. Je ne crois pas que ce soit tout à fait correct. Il défendait les travailleurs québécois. Et c’est un point qu’on manque souvent. L’objectif de tout ce qui s’est dit et passé, c’était de protéger les jobs des Québécois », a lancé le député Graham.

D’après lui, le commissaire « a mal lu la situation » et soutient qu’« Il n’y avait pas une mauvaise intention » de la part de Justin Trudeau dans ce dossier.

Devant les caméras, le premier ministre s’est dit également « en désaccord » avec certaines des conclusions de Mario Dion. Il a déclaré qu’une partie fondamentale de son travail consistait à défendre l’intérêt public.

Loi sur les conflits d’intérêts violée

Dans son rapport intitulé » Rapport Trudeau II », M. Dion conclut que le premier ministre a contrevenu à l’article 9 de la Loi sur les conflits d’intérêts dans le dossier SNC-Lavalin.

« Le commissaire l’a vu comme ça, moi je ne le vois pas tout à fait comme ça. Moi, je vois ça comme une job de l’exécutif principal du pays d’assurer la sécurité de notre économie locale et ça, il l’a fait. Est-ce qu’il aurait pu faire ça d’une différente manière? Avec le recul, c’est toujours possible de dire ça. Mais je pense que c’était la situation qu’il y avait. Il voyait une opportunité de sauver des dizaines de milliers de jobs canadiens et il a essayé de le faire », a commenté le député de Laurentides-Labelle.

Rappelons que M. Trudeau s’était déjà fait sermonner en décembre 2017, après son voyage sur l’île privée de l’Aga Khan.

Cette fois, le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique estime que M. Trudeau a tenté de plusieurs façons d’influencer l’ex-procureure générale du Canada, Jody Wilson-Raybould, afin d’éviter à la firme québécoise SNC-Lavalin, accusée de corruption, un procès criminel.

Manque de transparence

Le commissaire déplore également dans son rapport le fait qu’il n’a pas pu avoir le plein accès aux renseignements confidentiels du Cabinet de Justin Trudeau pour mener à bien son enquête.

Là encore, David Graham s’est porté à la défense de son chef : « Les secrets du Cabinet ne sont pas des secrets pour rien. Ça prend une situation extrêmement extrême, si on peut dire ça comme ça, pour dévoiler ce genre d’informations. (…) on parle d’un manque de jugement pendant quelques secondes en défendant le droit des travailleurs. Donc, il faut garder ça en perspective aussi ».

Extraits du rapport

« Le premier ministre, directement et par l’entremise de ses hauts fonctionnaires, a employé divers moyens pour exercer une influence sur Mme Wilson-Raybould. La position d’autorité dont bénéficient le premier ministre et son Cabinet ont servi à contourner, à miner et finalement à tenter de discréditer la décision de la directrice des poursuites pénales ainsi que l’autorité de Mme Wilson-Raybould en tant que première conseillère juridique de la Couronne. »

« Les hauts fonctionnaires du Cabinet du premier ministre ont continué à avoir des conversations avec les conseillers juridiques de SNC-Lavalin, en l’absence ou à l’insu de la procureure générale, et ce, même après le début des procédures judiciaires. »

« Puisque le Bureau du Conseil privé a décidé de refuser au Commissariat le plein accès aux renseignements confidentiels du Cabinet, neuf témoins ont été limités dans leur capacité à fournir au Commissariat tous les éléments de preuve possiblement pertinents à mon étude. »

« L’objectif de tout ce qui s’est dit et passé, c’était de protéger les jobs des Québécois. » – David Graham, député de Laurentides-Labelle

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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