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8 août 2019

Le « Roi du Nord » désigné personnage historique national

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Le curé Antoine-Labelle a été désigné le 8 août personnage historique national : ses efforts pour assurer un avenir meilleur aux Canadiens-français sont soulignés par Parcs Canada, qui mentionne toutefois que son rêve de colonisation du nord du Québec, de l’Ontario et du Manitoba a perturbé de façon profonde la vie des premiers occupants du territoire : les Anishinabe (Algonquins). Sur la photo, le député de Laurentides-Labelle, David Graham, devant une fresque mettant en scène le curé Labelle, à Sainte-Adèle (photo : gracieuseté – David Graham).
Le curé Antoine-Labelle a été désigné le 8 août personnage historique national : ses efforts pour assurer un avenir meilleur aux Canadiens-français sont soulignés par Parcs Canada, qui mentionne toutefois que son rêve de colonisation du nord du Québec, de l’Ontario et du Manitoba a perturbé de façon profonde la vie des premiers occupants du territoire : les Anishinabe (Algonquins). Sur la photo, le député de Laurentides-Labelle, David Graham, devant une fresque mettant en scène le curé Labelle, à Sainte-Adèle (photo : gracieuseté – David Graham).

Le célèbre curé Antoine Labelle (1833-1891), aussi connu sous le nom de « Roi du Nord », a été désigné personnage historique national le 8 août 2019. C’est le député de Laurentides-Labelle, David Graham, qui en a fait l’annonce.

Ce qu’il faut retenir

• La désignation a été faite par la ministre fédérale Catherine McKenna, qui reconnaît ainsi son rôle au niveau de l’établissement du chemin de fer dans les Laurentides et de la fondation de plusieurs paroisses. Le tout s’est déroulé en marge du centenaire de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, un organisme qui relève de Parcs Canada.

• Dans sa description du personnage, Parcs Canada souligne toutefois que l’œuvre de colonisation du curé s’est faite au détriment des Anishinabe (les Algonquins), qui occupaient ce territoire depuis 6 000 ans. Au Québec et en Ontario, leurs descendants habitent maintenant les communautés d’Abitibiwinni (Pikogan), Eagle Village (Kebaowek), Kitcisakik, Kitigan Zibi, Lac Simon, Long Point (Winneway), Wahgoshig, Mitchikanibikok (Lac Barrière), Pikwàkanagàn (Golden Lake), Timiskaming et Wolf Lake.

• Le curé Labelle a gagné son surnom de « Roi du Nord » en œuvrant à la colonisation de la région des Laurentides par les Canadiens-français au XIXe siècle. Les références au curé Labelle sont nombreuses partout dans les Laurentides. Il a, par exemple, donné son nom à la MRC la plus au nord de la région.

Ce qu’il a dit

• « On peut clairement affirmer que notre région ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, n’eut été du travail de celui qu’on a surnommé le Roi du Nord. L’objectif de ces désignations est justement de permettre aux Canadiennes et Canadiens d’en apprendre davantage sur la riche histoire du pays. C’est pourquoi j’en suis très fier, car même si la majorité des gens de la région savent qui est le Curé Labelle, ça nous permet de passer le flambeau de l’histoire aux plus jeunes. » – David Graham, député de Laurentides-Labelle

• « Cette nomination permet (…) aux Laurentides de rayonner encore plus d’un bout à l’autre du Canada. Ça a des retombées qui sont parfois plus difficilement mesurables concrètement, mais qui sont assurément au bénéfice de tous les citoyens de Laurentides—Labelle. » – David Graham, député de Laurentides-Labelle

Faits saillants

La page consacrée au curé Labelle sur le site Internet de Parcs Canada rappelle que ce personnage « marquant » du XIXe siècle est né à Laval et a œuvré à la colonisation des Laurentides alors qu’on assistait à un important mouvement d’émigration des Canadiens-français vers les États-Unis.

Antoine Labelle voyait grand et souhaitait fonder des établissements non seulement dans le nord du Québec, mais aussi en Ontario et au Manitoba.

On l’associe très étroitement au développement du réseau ferroviaire et l’établissement de 5 000 personnes dans une vingtaines de paroisses.

Parcs Canada rappelle que la colonisation des Laurentides s’est effectuée sans l’accord des Algonquins, qui ont fini par se faire réserver des terres pour y vivre de façon sédentaire.

Ce fut le prélude à la mise en place, par le gouvernement, d’une politique d’assimilation. Ainsi, Parcs Canada rappelle que « les répercussions des efforts de colonisation du curé Labelle ont perturbé des générations de la Nation anishinabe ».

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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