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7 août 2019

Réaction du président de la FQM à un reportage du Journal de Québec

« Aucune municipalité n’a l’intention de fermer », affirme le président de la FQM

Kathleen Godmer , journaliste

Jacques Demers, président de la FMQ, affirme avoir du mal à croire à la pertinence et au sérieux de l’étude faite par la firme de consultants Groupe Ambition qui parle de la fermeture possible de 200 municipalités (photo : gracieuseté – FMQ).
Jacques Demers, président de la FMQ, affirme avoir du mal à croire à la pertinence et au sérieux de l’étude faite par la firme de consultants Groupe Ambition qui parle de la fermeture possible de 200 municipalités (photo : gracieuseté – FMQ).

Dans un article publié récemment dans le Journal de Québec, le Groupe Ambition disait s’attendre à la fermeture d’environ 200 municipalités au Québec, d’ici 2025, en raison d’une dévitalisation croissante. La Fédération québécoise des municipalités (FQM), de son côté, affirme ne pas comprendre comment une telle nouvelle a pu voir le jour puisqu’aucune municipalité n’a jamais parlé de fermeture.

Les régions font face à plusieurs défis et doivent jongler, entre autres, avec la pénurie de main-d’œuvre, la rétention de celle-ci, le vieillissement de la population et les besoins en infrastructures. La MRC d’Antoine-labelle, comme plusieurs en région éloignée, a un taux de dévitalisation élevé, mais de là à voir certaines de ses municipalités fermer, le mot semble trop alarmiste.

Groupe Ambition

Ce serait Pierre Bernier, un expert, président de la firme de consultants Groupe Ambition, qui se serait avancé sur une liste de municipalités en danger de fermeture, d’ici 2025 en affirmant que près de 200 d’entre elles pourraient devoir fermer.

Le Courant a tenté de trouver la liste de ces municipalités et de parler avec M. Bernier, sans succès pour le moment. M. Bernier a finalement contacté le journal pour expliquer qu’il était présentement en Europe et assurer que dès son retour, il se ferait un plaisir de répondre aux questions.

La FQM réagit vivement

« C’est particulier de ne pouvoir rejoindre personne suite à cette histoire-là qui fait tellement mal à plein de régions. Juste de mettre le nom de certaines municipalités, qui n’ont pas été rencontrées, à ce que j’en comprends, et qui n’ont pas eu la chance de s’expliquer, ça ne fait pas de sens », a déclaré le président de la FQM, Jacques Demers.

Le président de la FQM a mentionné qu’en effet, certaines municipalités connaissent des difficultés et doivent relever des défis, mais de là à parler de fermetures, la marge est grande. « On n’a connu aucune fermeture depuis les 50 dernières années et là, tout à coup, il y en aurait 200 en moins de six ans selon eux. Ça va prendre des explications ».

M. Demers a aussi expliqué que la FQM travaille auprès du gouvernement afin d’obtenir un nouveau pacte fiscal pour mettre en place les outils qui permettent aux municipalités de se développer et d’assurer leur vitalité.

Lors de son dernier congrès, la FQM a obtenu l’engagement du gouvernement de décentraliser 5 000 emplois de l’État en région dans les cinq prochaines années et, d’ici 2023, toutes les régions devraient avoir un accès à Internet haut débit et à un réseau cellulaire large bande.

Les différentes mesures en transport annoncées par le gouvernement comme le maintien de la Politique de la mobilité durable 2030, le nouveau rôle régional d’Investissement Québec et la régionalisation de l’immigration, sont des résultats concrets provenant des démarches que la FQM mène actuellement.

Des municipalités de la région seraient à risque

Dans la région, il semblerait que Sainte-Anne-du-Lac, La Minerve, L’Ascension et Rivière-Rouge soient à risque, selon l’étude de M. Bernier.

Les municipalités concernées ont appris la nouvelle avec surprise et restent très méfiantes face à cette « supposée » étude qui leur apprend que leur avenir à court terme est menacé.

« On l’a su dans les journaux. Personne n’a communiqué avec nous pour savoir comment on va, ou poser des questions sur la municipalité. On se porte très bien et on veut vraiment tirer cette histoire-là au clair, mais impossible de parler à quelqu’un et impossible de trouver la fameuse liste des 200 municipalités. […] Oui, on subit la dévitalisation, mais on y travaille. Je ne crois vraiment pas que Rivière-Rouge soit appelée à mourir. Au contraire, on a plein d’idées pour revitaliser notre ville et plein de projets. Sans en parler en détail, il y a beaucoup de choses qui vont arriver dans les prochains mois et les prochaines années. Pour ce qui est de la pénurie de main-d’œuvre, on a le devoir de développer une marque territoriale et une marque employeurs pour justement attirer les familles et les gens à venir travailler pour nous à Rivière-Rouge et c’est ce sur quoi on travaille présentement. On a contacté la firme qui a lancé la nouvelle, mais on nous a dit que l’auteur de ce rapport n’était pas là pour le moment. On aimerait bien savoir les détails, sur quoi il s’est basé pour tirer ses conclusions », a raconté Louise Chartrand, directrice générale à Rivière-Rouge.

«Je rencontre plusieurs municipalités dans les congrès de la FQM et je peux affirmer que toutes les municipalités travaillent pour se développer et non l’inverse. […] ils sont dans le champ s’ils disent que notre municipalité est en mauvaise santé. C’est sûr qu’on n’est pas une grosse municipalité, mais notre gestion financière est bonne. On n’est pas parmi les plus endettés, loin de là. On fait attention à notre gestion. On est comme tout le monde, on cherche à attirer les gens, les jeunes familles et à se revitaliser. On est loin de pouvoir dire qu’on est en mauvaise posture. Ici, c’est un coin très touristique. Avec les vacances, il y a du monde partout dans le village », a confié la mairesse de Sainte-Anne-du-Lac Annick Brault.

Selon Mme Brault, pour faire son étude M. Bernier ne se serait sûrement pas déplacé sur le terrain, car il aurait vu une toute autre réalité que ce qu’il mentionne.

« Je me pose des questions à savoir où il a pris ses données pour faire son étude, car je n’ai pas eu connaissance qu’il ait communiqué ni avec notre directrice générale ni avec moi. J’ai vraiment été abasourdie quand j’ai entendu parler de ça. […] Même dernièrement, à Lac du cerf, ils ont fait une consultation pour le développement. Je crois que c’est une preuve que les municipalités cherchent à se prendre en main. »

« On aime notre région, on aime notre MRC et je crois que chaque municipalité sait la valeur qu’elle a au milieu de tout ça. On ne se voit pas disparaître ». – Annick Brault, mairesse de Sainte-Anne-du-Lac

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Kathleen Godmer , journaliste

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