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1 mai 2019

Motoneige

Denise Grenier aimerait davantage de soutien pour les clubs

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Bon an, mal an, les Hautes-Laurentides offrent aux adeptes de motoneige une saison d’environ 16 semaines, mais la présidente de l’Association des Clubs de Motoneiges des Hautes-Laurentides, Denise Grenier, estime que ce loisir, structurant pour l’économie locale, devrait être davantage soutenu (photo: Pixabay).
Bon an, mal an, les Hautes-Laurentides offrent aux adeptes de motoneige une saison d’environ 16 semaines, mais la présidente de l’Association des Clubs de Motoneiges des Hautes-Laurentides, Denise Grenier, estime que ce loisir, structurant pour l’économie locale, devrait être davantage soutenu (photo: Pixabay).

La présidente de l’Association des Clubs de Motoneiges des Hautes-Laurentides (ACMHL), Denise Grenier, a voulu remettre en perspective l’octroi, le 11 mars dernier, de 395 897$ aux huit clubs de motoneige locaux par le gouvernement du Québec.

Mme Grenier, qui rappelle qu’il ne s’agit pas «de nouveau dollars», craint que les organismes et les commerçants qui soutiennent financièrement les clubs, ainsi que les propriétaires qui accordent gratuitement un droit de passage aux adeptes de motoneiges, pensent que les clubs roulent sur l’or. Selon elle, il n’en est rien et c’est bien parce que les huit clubs sont «les plus pauvres» des Laurentides que l’essentiel de l’argent accordé par Québec se concentre au nord de Labelle.

La présidente de l’ACMHL insiste pour dire que l’argent redistribué par Québec provient de la poche des motoneigistes via une redevance sur l’immatriculation de leurs motoneiges. D’après Mme Grenier, le gouvernement prend en compte trois critères pour octroyer des montants aux clubs: les revenus de la vente des droits d’accès aux sentiers de motoneige; le nombre de kilomètres à entretenir et les heures de surfaçage annuelles pour l’entretien hivernal des sentiers.

C’est là où le bât blesse pour les Hautes-Laurentides, qui ont moins de membres que les Basses-Laurentides mais qui doivent en revanche entretenir la majeure partie des sentiers laurentiens. Si l’on se fie aux données présentées par Mme Grenier, les clubs de la MRC d’Antoine-Labelle auraient seulement 25% des membres de la région des Laurentides, mais 58% des km de sentiers à entretenir et 44% des heures de surfaçage.

«Les Basses-Laurentides sont beaucoup mieux nanties que les Hautes-Laurentides, croit Mme Grenier. Un club à 4 000 membres qui a 110 km de sentiers, c’est pas les mêmes besoins que nous, où on a peut-être 300 membres et on a 350 km de sentiers.»

Un projet pilote pour mieux redistribuer l’argent

Elle mentionne qu’à compter de la prochaine saison, la région administrative des Laurentides, avec la Gaspésie, prendra part à un projet pilote qui pourrait potentiellement changer la façon dont les clubs sont financés. En effet, le but du projet est d’essayer de redistribuer plus équitablement les revenus des droits d’accès, qui seront vendus en ligne.

«Actuellement, les droits d’accès que les clubs vendent, il y a une partie qui reste aux clubs. Mais là, la grosse partie va s’en retourner à la fédération, qui va redistribuer sur un modèle différent pour essayer d’être plus équitable», précise Mme Grenier.

Impossible toutefois de trop s’avancer sur les chances de réussite d’un tel projet, comme le souligne la président de l’ACMHL: «Moi ce que je pense, c’est que ce projet va être étendu à l’ensemble du Québec qui comporte 13 régions touristiques pour la fédération. On a des régions plus pauvres que nous: Gaspésie, Côte-Nord, Îles-de-la-Madeleine. Alors, il y a peut-être une partie de notre argent qui va s’en aller dans ces régions. Ça, je ne le sais pas, j’ai pas vu de chiffres, rien. Tant qu’on n’aura pas les chiffres, on ne connaît pas l’impact, surtout que ça va être juste deux régions pilotes. Ça va être plus équitable pour tous les clubs de la province. Est-ce que ça va favoriser nécessairement les Hautes-Laurentides? Peut-être pas».

Passer à l’action

Selon Mme Grenier, l’activité motoneige est cruciale pour la bonne santé de l’économie des Hautes-Laurentides. «Quand la foresterie ne fonctionne pas, au moins la motoneige c’est 400 emplois sur une base annuelle. On a 3 500 touristes français qui se promènent dans les Hautes-Laurentides l’hiver. On a des Américains, on a des Ontariens. Ça fait vivre nos hôtels. Nous, les clubs, on ne retire rien de ça», spécifie-t-elle.

Elle croit qu’il est donc important de bien structurer cette activité de loisir et de tourisme sur le territoire de la MRC d’Antoine-Labelle en appuyant les bénévoles des clubs. «Cette année, ç’a été une belle saison, mais l’année passée, il y avait eu trois semaines où il y avait eu de la pluie. À Mont-Laurier, les commerçants ont perdu 4 M$. D’où l’importance de garder cette activité vivante pour la région», illustre la présidente de l’ACMHL pour appuyer son propos.

Si elle reconnaît qu’«Il y a une volonté de la communauté, ici, de nous aider», en parlant d’organismes comme la MRC et le Centre local de développement (CLD), elle ajoute qu’à «un moment donné, c’est beau de dire des choses, mais ça prend de l’action aussi». Elle est consciente qu’un comité aviseur existe au CLD, mais elle lance en riant que «Là, on est dans le plan d’action; moi, je veux qu’on soit dans l’action»!

L’aide locale aux véhicules hors route

Le directeur général du CLD d’Antoine-Labelle, Frédéric Houle, a confirmé au Courant que, pour l’année en cours, 20 000$ pris à même le budget d’opération de son organisme étaient disponibles pour les clubs de motoneige locaux, afin de les aider dans l’entretien des infrastructures stratégiques.

Ce «Fonds véhicules hors routes (VHR)» a été mis sur pied en 2018. Pour la première année, 80 000$ étaient disponibles: 40 000$ provenant du budget d’opération du CLD et 40 000$ de la MRC.

Ajoutons qu’en 2018, une somme de 10 000$ supplémentaires a été investie au niveau du pont Tom Dick par la MRC d’Antoine-Labelle.

M. Houle justifie la variation entre les deux sommes disponibles en 2018 et en 2019 par les «priorités» et l’argent qui est octroyé au CLD pour ses opérations.

Il atteste également l’existence d’un comité aviseur au CLD. Il s’agit selon lui d’«un outil de prise de décision» constitué de toute l’«intelligentsia VHR» (motoneigistes, entrepreneurs, élus municipaux, etc.).

Est-ce que cette aide du CLD et de la MRC est suffisante pour faire des Hautes-Laurentides une destination phare au Québec pour les motoneigistes?, a demandé Le Courant.

M. Houle répond que la stratégie privilégiée est plutôt d’amener davantage de gens dans les entreprises locales, afin que ces dernières, en faisant plus de profit, puissent soutenir davantage le réseau VHR. Le directeur du CLD affirme que le soutien à l’activité motoneige est en effet «la responsabilité de tous».

En 2018 comme en 2019, le CLD a reçu 169 190$ de la MRC pour effectuer de la promotion touristique et accueillir les visiteurs. Le CLD rajoute, grosso modo, 30 000$, pour un grand total de 200 000$. Cet argent sert à vanter la région dans les magazines, sur des sites web spécialisés en quad et motoneige, à payer des tournées journalistiques, mais aussi à faire prolonger le séjour des gens déjà sur place.

Le directeur général du CLD n’était pas en mesure de chiffrer la contribution actuelle des entreprises privées aux clubs, mais a précisé que ce qui était quantifiable pour son organisme, c’était les profits qu’elles font. Pour lui, si les entreprises font plus d’argent, elles risquent de soutenir davantage les clubs.

«C’est le pari qu’on fait», a-t-il conclu.

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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