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17 avril 2019

Réchauffement climatique

David Graham déplore la partisannerie autour de l’enjeu de l’environnement

Simon Dominé , Rédacteur en chef

Pour freiner le réchauffement climatique, la réduction des GES doit commencer maintenant préviennent les scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Pour freiner le réchauffement climatique, la réduction des GES doit commencer maintenant préviennent les scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Le député de Laurentides-Labelle, David Graham, a réagi à la récente parution d’un rapport sur les changements climatiques et par les critiques adressées au gouvernement fédéral par la commissaire à l’environnement et au développement durable, Julie Gelfand. Selon lui, c’est la partisannerie politique et l’attitude des individus qui doivent être questionnées.

«Il n’y a aucune action qu’on peut prendre qui est vraiment suffisante. (…). On travaille avec le monde au complet et le Canada, on essaye de faire ce que l’on peut, mais les pays qui réussissent pour de vrai à avancer dans le dossier des changements climatiques, c’est les pays où c’est devenu un enjeu non partisan. Et au Canada, c’est un enjeu extrêmement partisan», a commenté le député.

Rappelons que dans son rapport paru début avril, Mme Gelfand s’est montrée peu flatteuse à l’égard des politiques mises en place par le gouvernement canadien en exercice et les précédents: «Pendant des décennies, les gouvernements fédéraux ont invariablement échoué dans leurs efforts pour atteindre les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et le gouvernement n’est pas prêt à s’adapter à un climat changeant. Tout ceci doit changer».

M. Graham pense que des avancées ont été réalisées, mais que «c’est dur à voir au quotidien». Il fait remarquer que la lutte aux changements climatique est un véritable problème de société, apparu lorsque le transport individuel a pris le pas sur le transport collectif, il y a des décennies.

D’après lui, la lutte aux changements climatiques est non seulement une question de volonté politique, mais aussi d’attitude. «Comment est-ce qu’on peut avancer dans l’environnement si tout ce qu’on veut faire c’est consommer?», demande-t-il.

Un réchauffement deux fois plus rapide au Canada

Parallèlement au rapport de la commissaire à l’environnement et au développement durable, Environnement et Changement climatique Canada a publié lui aussi un rapport. Intitulé «Rapport sur le climat changeant du Canada», il a été produit par les scientifiques du gouvernement fédéral. Des spécialistes universitaires y ont apporté leur contribution.

Les scientifiques mentionnent que depuis 1948 (date à laquelle les données à l’échelle nationales ont été disponibles), le climat se réchauffe deux fois plus vite au Canada que dans le reste du monde. Pour le Nord, le réchauffement s’effectue à un rythme encore plus soutenu.

«Il y a une quantité accablante de preuves que la Terre s’est réchauffée lors de l’ère industrielle et que la principale cause de ce réchauffement est l’influence humaine», prévient Environnement et Changement climatique Canada.

Les scientifiques préviennent que les deux prochaines décennies seront déterminantes pour maintenir le réchauffement à 1,8 °C d’ici la fin du siècle. Un scénario d’émission élevées de gaz à effet de serre (GES) conduirait la planète à se réchauffer de 6,3 °C. Pour endiguer le réchauffement, les scientifiques sont clairs: les émissions mondiales de GEZ doivent plafonner «presque immédiatement, avec de rapides et importantes réductions par la suite».

Les effets du réchauffement

Au cours des prochaines décennies, les Canadiens feront face à davantage de précipitations annuelles et hivernales. Ils doivent aussi s’attendre à moins de chutes de neige et plus de pluie. «La durée du manteau neigeux diminuera d’ici le milieu du siècle partout au Canada», stipule Environnement et Changement climatique Canada.

Le dégel du pergélisol au Nord affectera le cycle du carbone et si les émissions de GES ne sont pas réduites, les glaciers de l’Ouest canadien pourraient perdre de 75% à près de 100% de leur masse d’ici la fin du siècle.

Les territoires les plus au sud du Canada risquent quant à eux de voir baisser leurs précipitations estivales.

Les scientifiques observent également une variation dans les températures extrêmes: les épisodes de chaleur extrême sont plus chauds, tandis que les épisodes de froid extrême sont moins froids. Avec, à la clef, un risque accru de feux de forêts, d’inondation en milieu urbain, mais aussi de pénurie d’eau.

Les scientifiques terminent leur rapport en expliquant que le Canada fait désormais face à «deux avenirs très différents». Ils avertissent les Canadiens que «l’ampleur du changement climatique futur est ancrée dans l’incertitude du comportement humain, c’est-à-dire, si le monde suivra un profil d’émissions faibles, moyennes ou élevées».

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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