Suivez le courant!       819 623-7374
Partager:
11 avril 2019

Préposé aux bénéficiaires

Le CISSS adapte la formation en milieu de travail

Kathleen Godmer , journaliste

 Julie Brin, préposée au Centre hospitalier de Rivière-Rouge, François Labelle, directeur adjoint intérimaire à l’hébergement pour le bassin nord des CHSLD, Pascale Cloutier, directrice adjointe aux ressources humaines responsables du volet attraction et dotation aux CISSS des Laurentides  et Luce Quevillon, directrice adjointe au CFP Mont-Laurier (photo: Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Julie Brin, préposée au Centre hospitalier de Rivière-Rouge, François Labelle, directeur adjoint intérimaire à l’hébergement pour le bassin nord des CHSLD, Pascale Cloutier, directrice adjointe aux ressources humaines responsables du volet attraction et dotation aux CISSS des Laurentides et Luce Quevillon, directrice adjointe au CFP Mont-Laurier (photo: Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides s’est associé avec deux partenaires du réseau de l’éducation afin d’offrir une formation gratuite pour une carrière de préposé aux bénéficiaires (PAB) ou d’auxiliaire aux services de santé et sociaux (ASSS).

Afin de s’assurer de combler ses grands besoins de main-d’œuvre, le CISSS des Laurentides, en partenariat avec le Centre de formation professionnelle (CFP) des Sommets àMont-Tremblant et le CFP Performance Plus àSaint-Jéro?me et Lachute, offre maintenant une formation dite gratuite, qui se fait directement en milieu de travail et qui se déploie sur tout le territoire. La formation se veut une démarche pour l’embauche de ressources supplémentaires et qualifiées.

Formation gratuite, revue et corrigée

Avant d’être adaptée pour être offerte en milieu de travail, cette formation était dispensée en classes dans les différents CFP des Laurentides et financée par le ministère de l’Éducation, puisqu’elle mène à un diplôme d’études professionnel (DEP).

Luce Quevillon, directrice adjointe au CFP Mont-Laurier explique qu’«En fait, c’est gratuit parce que c’est un DEP. On ne fait pas de formation à la carte. […] Ce que ça coûte pour les étudiants, c’est le matériel pédagogique comme les livres, les cahiers d’exercices et leurs uniformes. Ils n’ont rien d’autre à payer parce qu’on est au Québec et les frais de diplomation sont assurés par le ministère de l’Éducation. Quelqu’un qui viendrait de l’Ontario, ce serait bien différent, ça lui coûterait plusieurs milliers de dollars.» En plus du CISSS et des CFP, un troisième joueur fait aussi parti du projet et c’est Emploi Québec qui propose différentes mesures pour aider les étudiants.

«Ce qui est intéressant, c’est que c’est un projet local, un projet de Mont-Laurier qui a été exporté dans le reste de la région des Laurentides et qui nous permet un beau succès ailleurs aussi», a mentionné Thaïs Dubé du service des communications du CISSS des Laurentides.

Alors, pourquoi ne pas offrir la formation à Mont-Laurier? «L’an dernier, j’ai rencontré le CISSS pour proposer de faire cette formation à Rivière-Rouge parce qu’il y a quand même de la place, ils nous laissent même des locaux. On a essayé de la faire à Mont-Laurier, mais c’est plus difficile. Ça ne veut pas dire que ça ne se fera jamais», a expliqué Mme Quevillon.

L’avantage de la formation sur le terrain

Elle préconise les formations offertes directement en milieu de travail et a expliqué que cette façon de faire a comme avantage un contact immédiat avec la clientèle qui favorise la mise en pratique des aptitudes requises pour l’emploi.

«L’idée de faire rapidement une immersion en milieu de travail, de mettre tout de suite les étudiants en contact avec la clientèle permet de faire des apprentissages progressifs, mais bien imprégnés. Ce n’est pas comme en stage. Quand ils font ces parties pratiques, les étudiants ne sont pas évalués. L’évaluation se fait en stages donc sans la pression des évaluations, on leur permet de faire des études de cas concrètes, d’échanger sur les différents cas et problématiques avec leurs formatrices et collègues et on favorise la prise de conscience de l’impact qu’ils ont sur leurs clients, tout ça, justement avant d’arriver en stage».

«La façon dont est conçue la formation est une plus-value pour le CISSS parce que si mon équipe (…) les attire, mais qu’ils sortent de l’école sans réellement avoir appris c’est quoi vraiment travailler dans un milieu hospitalier ou en CHSLD, on ne pourra pas les retenir. Là, ils y goûtent immédiatement et sont en mesure de savoir si ça leur convient», a renchéri Pascale Cloutier, directrice adjointe aux ressources humaines responsables du volet attraction et dotation aux CISSS des Laurentides.

C’est donc dès le début de leur formation que les étudiants commencent à mettre en place des relations avec des collègues, à apprendre les routines de travail et à acquérir de l’expérience. Dès le premier jour, ils sont considérés comme des employés du CISSS à part entière.

En cours de formation, les étudiants ont la possibilité d’obtenir un emploi et rapidement joindre les équipes de soins du CISSS pour leur pre?ter main-forte. Cette ouverture permet à l’étudiant d’obtenir un bon salaire, d’accumuler déjà de l’ancienneté et d’avoir, s’il le désire, un emploi assuré à la fin du cours.

«Une première cohorte a terminé à l’automne dernier et on les a embauchés. Du moins tous ceux qui ont manifesté le désir de rester travailler avec nous», a confirmé Mme Cloutier.

Milieu et étudiants apprécient beaucoup

«Actuellement, au comité de direction du CISSS des Laurentides, il y a cinq directeurs cliniques qui ont commencé leur carrière dans le réseau de la santé en étant préposés aux bénéficiaires», a mentionné Mme Dubé pour illustrer à quel point la formation peut être un point de départ et ouvre plusieurs possibilités.

Que ce soit Chantale venue chercher des outils solides pour poursuivre son rêve d’aider les gens, Diane qui aime le contact humain et l’aspect valorisant de ce futur travail, Roxanne qui entrevoit de meilleurs avantages sur le plan salaire et relation de travail suite à la formation ou encore Maéva qui apprécie le contact direct avec la clientèle et les futurs collègues; les étudiants présentement en formation s’entendaient pour vanter les mérites de cette nouvelle version du cours.

Quand les employés déjà en place voit arriver les étudiants sur les étages, ils sont contents. Ils voient arriver la relève et ça soulage. Ils savent que la tâche de travail sera allégée et perçoivent la démarche comme étant positive et concrète.

Julie Brin, préposée au Centre hospitalier de Rivière-Rouge a suivi sa formation au CFP de Mont-Laurier avant la transformation de celle-ci. Elle considère très positifs les changements qui ont été apportés. «Il faut laisser la chance aux coureurs. En les accompagnant dans leur formation, on leur transmet notre passion, notre vision et notre façon de faire. Si on les décourage en partant, ils ne resteront pas. Tout s’apprend. Il ne faut pas croire tout ce qui se dit au sujet des conditions de travail difficiles et des conflits dans le milieu. Oui, il y a une problématique, on ne peut pas se le cacher, mais à mes yeux, il faut garder le sourire et ce n’est pas aux clients de payer pour ça. […] Avec tous les moyens qui se mettent en place, la situation ne pourra que s’améliorer. Quand on voit arriver les nouveaux étudiants, ça nous encourage à croire que les choses vont s’améliorer», a-t-elle raconté.

La jeune femme parle d’indulgence, de partage de connaissance, d’accompagnement avec le sourire et croit sincèrement que le principe de mentorat qui s’établit entre les préposés d’expériences et les jeunes qui arrivent, est un agent facilitateur qui permettra un meilleur recrutement et augmentera la rétention.

Du côté des CHSLD

«Le modèle de formation est particulièrement bon et on croit que ça attire des PAB nouveaux et que ça donne un intérêt particulier à cette formation-là. Et en plus, ça fait que nos préposés en ressortent avec une formation de meilleure qualité due au fait qu’ils sont plus proches du milieu et rapidement en contact avec la clientèle», a affirmé François Labelle, directeur adjoint intérimaire à l’hébergement pour le bassin nord, des CHSLD de Sainte-Adèle à Mont-Laurier.

M. Labelle a aussi raconté que, déjà, des gens issus de la première cohorte avaient été engagés et intégrés dans les équipes de travail des CHSLD. «Le fait que ce soient des personnes qui connaissent déjà le milieu, la clientèle, les collègues, ça facilite l’intégration. Ce sont des gens qui, une fois à l’emploi avec nous, sont très efficaces. Pour nous, employeur, ça fait réellement une différence», a-t-il précisé.

Voulant faire tomber les préjugés et les idées préconçues face au travail de préposé, M. Labelle a clarifié en quoi il consistait vraiment: «Le rôle du PAB dans un CHSLD est un rôle clé. C’est souvent celui qui accompagne le résident durant toute sa période d’hébergement. C’est quelqu’un qui connait le résident, son histoire, ses intérêts, ses habitudes et qui profite de ces connaissances-là pour gérer et bien planifier les soins et évaluer les besoins. Le PAB accompagne le résident, mais aussi la famille. Ça permet une intervention adaptée, de qualité et personnalisée.»

Le travail des PAB dépasse donc de loin les seuls soins d’hygiène. Une grande partie du travail va aux soins de bases, mais aussi aux activités du résident, à son bien-être psychologique et à toute la logistique entourant la sécurité, les déplacements, et le respect du plan d’intervention, et ce, pour chacun des résidents.

Partager:

Kathleen Godmer , journaliste

  • Courriel