Suivez le courant!       819 623-7374
Partager:
10 avril 2019

Mobilisation contre la gestion abusive et le temps supplémentaire obligatoire

Les professionnelles en soins en ont assez

Kathleen Godmer , journaliste

Les professionnelles en soins des Laurentides en ont assez de la gestion abusive et du temps supplémentaire obligatoire (photo: Pixabay).
Les professionnelles en soins des Laurentides en ont assez de la gestion abusive et du temps supplémentaire obligatoire (photo: Pixabay).

Les membres du Syndicat des professionnelles en soins des Laurentides (FIQ-SPSL) ont manifesté, à la fin mars, devant les bureaux de la Direction des ressources humaines du centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides afin de dénoncer les propositions de l’employeur pour éradiquer le temps supplémentaire (TS) et le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

En se mobilisant ainsi contre ce qu’elles nomment la gestion abusive et le TSO, les professionnelles en soin ont aussi voulu faire comprendre que les conditions de travail vécues actuellement sont déplorables. Elles tenaient à rappeler à l’employeur que les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes sont à bout de souffle ainsi que l’importance d’avoir des postes attractifs et des mesures de rétention du personnel.

Dans la même optique, le 8 avril, une première journée nationale sans TSO en signe de ras-le-bol général et pour affirmer le désir de vivre des journées qui ne risquent pas de devenir des prises d’otages, devait avoir lieu. Une journée nationale de mobilisation a eu lieu, comme annoncée, mais devait tenir compte d’une ordonnance du tribunal administratif du travail limitant les actions posées.

Il est important d’expliquer la différence entre le TS et le TSO. Le TSO consiste en l’obligation de maintenir une personne en poste malgré la fin de son quart de travail, et ce, malgré son refus, afin de répondre à un imprévu ou une absence non planifiée.

Du côté syndical

Francis Charbonneau, vice-président du secteur nord de la FIQ-SPSL, a raconté que «L’employeur nous répète qu’il veut être attractif, mais il n’offre pas de postes aptes à le prouver. Ce que nous lui demandons, c’est d’offrir à l’ensemble de nos membres des postes stables de huit jours par deux semaines. On a un exemple qui fonctionne très bien du côté de nos voisins du CISSS de Lanaudière. Pourquoi ne pas s’en inspirer»?

Selon le syndicat, l’utilisation du TSO comme mode de gestion ne peut plus durer et les solutions proposées par l’employeur pour éliminer le TS et le TSO ne sont pas adaptées aux réalités des milieux de travail. Des solutions concrètes ont été proposées par la FIQ-SPSL, mais il semblerait que l’employeur ne veuille pas écouter.

«On a demandé à l’employeur d’annuler l’affichage de ses 189 postes qui sont instables, qui entrainent plus d’inquiétude que de satisfaction chez nos membres. […] Il a procédé à l’affichage de postes instables sur plus d’un quart de travail, sur plusieurs centres d’activités (plusieurs endroits) et parfois même sur une distance de plus de 60 km, et ce, sans offrir des quarts de travail aux salariés a? temps partiel travaillant déjà sur ces centres d’activités. […] Prenez l’exemple d’une personne qui doit travailler sur deux quarts de travail différents, disons de jour et de nuit, et sur deux centres d’activités comme Mont-Laurier et Rivière-Rouge, elle doit apprendre quatre routines de travail différentes, ça n’a pas de sens! Quand on parle d’instabilité, c’est de ça qu’il est question. On croit vraiment que cette instabilité augmente les risques quand vient le temps de donner des soins et que ça entraine un impact direct sur la qualité de ceux-ci et de la sécurité face à la clientèle», a expliqué M. Charbonneau.

Chez l’employeur

Du côté du CISSS des Laurentides, on a expliqué que pour le TSO, «Il ne s’agit pas d’une “mesure” ou d’une “pratique de gestion” mise en place par les établissements de santé. C’est plutôt une situation exceptionnelle qui découle des obligations professionnelles du personnel en soins infirmiers. Le Code de déontologie précise les devoirs et responsabilités des professionnels en soins infirmiers envers leurs patients. Et certains articles (43 et 44.4) précisent qu’une infirmière doit prendre les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et traitements et ne peut laisser un patient sans soins».

Thaïs Dubé du service des communications du CISSS des Laurentides, a précisé que «parfois, il arrive que des infirmières doivent rester après leur quart de travail lorsqu’aucune collègue n’est disponible pour prendre la relève et qu’il s’avère impossible de déplacer les patients sur d’autres unités. Le CISSS met tout en œuvre pour que de telles situations ne soient qu’exceptionnelles, mais doit effectivement demander occasionnellement aux infirmières de demeurer en poste pour assurer la sécurité des patients et la continuité des soins».

C’est dans cette perspective que le CISSS affiche actuellement 126 postes à temps complet sur des quarts stables de jour, soir ou nuit et 98 postes qui incluent de la rotation sur deux quarts de travail.

Ce total de 224 postes a comme objectif d’améliorer les conditions de pratique et cette mesure permettra d’éviter le recours au TS et au TSO, estime le CISSS.

Selon l’employeur, la manifestation d’il y a quelques semaines avait pour but de le sensibiliser à la stabilité des postes au sein de l’organisation, mais l’affichage de ces postes était déjà en cours à ce moment.

Il a mentionné c’est une première étape en vue d’améliorer la stabilité du personnel sur des postes à temps complet, diminuer le TS et cesser le TSO.

Mme Dubé a aussi mentionné que «dans le cadre des négociations des matières locales de la convention collective, l’employeur et le syndicat se sont entendus sur l’importance d’offrir des postes à temps plein afin de favoriser la stabilité des équipes. Or, le syndicat demande maintenant que ces postes à temps plein soient de quatre jours par semaine et non cinq jours par semaine. L’affichage de poste est en cours. À la lumière des résultats qui en découleront, nous pourrons discuter avec notre partenaire des différentes possibilités. De nouveaux calculs seront faits pour bonifier notre offre de postes et un nouvel affichage se fera si nécessaire dès septembre prochain».

Partager:

Kathleen Godmer , journaliste

  • Courriel