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8 avril 2019

Une affaire de peau

Marie-Andrée Boudrias lors de sa performance «Affaire de peau» le 2 avril dernier (photo: Renaud Giraldeau – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Marie-Andrée Boudrias lors de sa performance «Affaire de peau» le 2 avril dernier (photo: Renaud Giraldeau – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Le 2 avril dernier, l’artiste multidisciplinaire Marie-Andrée Boudrias a livré une performance artistique abordant les relations avec les Premières nations dans le cadre du Colloque science et culture du Centre collégial de Mont-Laurier.

En présence de l’ancien directeur de la santé et des services sociaux de Kitigan Zibi, Lionel Whiteduck, et de l’artiste contemporaine Wanda Campbell, Marie-Andrée Boudrias a livré sa performance «Affaire de peau» aux étudiants du Centre collégial de Mont-Laurier.

Elle aborde de front les préjugés à l’égard des autochtones et place en contexte sa performance dans le débat sur l’appropriation culturelle: «Je ne peux pas parler de la souffrance des autochtones, je ne peux pas parler au nom des autochtones. J’ai parlé de moi, de mon habitus. Je ressentais le besoin qu’il y ait des témoins, des représentants de la communauté autochtone afin de créer un espace de discussion et recadrer les faits», précise-t-elle avant d’ajouter que la discussion fait partie de l’œuvre.

Les étudiants présents ont été invités à entamer une réflexion sur les façons de se rapprocher des nations autochtones.

Une question actuelle

La performance de Marie-Andrée Boudrias tourne autour du symbole du pupitre d’écolier. Avec des gestes répétitifs et en récitant des préjugés véhiculés à l’égard des autochtones, l’artiste démontre comment les préjugés s’installent. Elle rappelle comment l’École et l’Église ont joué un rôle prépondérant dans la propagation de ces idées et tente ainsi de faire prendre conscience aux participants des préjugés qui les habitent.

Puis elle déboulonne son pupitre et traverse une ligne tracée sur le sol pour se rendre en territoire autochtone. Sous une fine pellicule de plastique, l’artiste avait disposé des chandails qu’elle ira extirper de sous la toile, avec en trame de fond la forêt. Les vagues qui se créaient sous le plastique donnaient l’impression qu’elle repêchait des corps d’un lac, métaphore remise en contexte par des citations de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

«On a enseveli l’histoire des autochtones. Personnellement, j’ai le goût d’aller creuser cette histoire et c’était aussi cela que je voulais montrer en extirpant les chandails», ajoute Marie-Andrée Boudrias. Elle précise que la question est d’actualité et que nous avons tendance à parler des autochtones seulement dans les périodes de crise : «Nous devons établir un contact constant avec les autochtones».

Pousser la réflexion

Présentement aux études au certificat en production artistique au campus de Mont-Laurier de l’UQAT, Marie-Andrée Boudrias aura l’occasion de présenter une autre performance le 5 mai prochain dans le cadre de la fin de session universitaire. Elle affirme vouloir explorer d’autres facettes de la question autochtone, toujours à travers le prisme de son expérience personnelle.

«On a enseveli l’histoire des autochtones.» – Marie-Andrée Boudrias, artiste

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