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27 mars 2019

Budget fédéral 2019

David Graham en avait long à dire

Simon Dominé , Rédacteur en chef

David Graham, député de Laurentides-Labelle (photo: gracieuseté).
David Graham, député de Laurentides-Labelle (photo: gracieuseté).

Le gouvernement canadien de Justin Trudeau a dévoilé le 19 mars dernier son dernier budget avant le déclenchement des prochaines élections fédérales. Le député de Laurentides-Labelle, David Graham, a répondu à nos questions.

En 2015, lorsqu’il briguait le poste de Premier ministre, votre chef Justin Trudeau s’était engagé à revenir à l’équilibre budgétaire à la fin de son mandat. Le mandat achève, mais le retour à l’équilibre semble quant à lui bien lointain avec un nouveau budget fédéral déficitaire de 19,8 G$ et qui semble pleinement assumé. Comment justifiez-vous cette fuite en avant dans les dépenses?

Le déficit existe dans nos routes, nos centres communautaires, nos infrastructures informatiques, dans les égouts et les aqueducs, qui ont tous besoin d’investissements. Je préfère un budget déficitaire s’il nous permet de régler tous ces problèmes. Le déficit et la dette réduisent année après année selon le pourcentage du PIB et notre croissance économique est inégalée depuis des générations. Presque un million de plus de Canadiens ont un emploi aujourd’hui qu’à notre arrivée au pouvoir. On parle d’une pénurie de main-d’œuvre plutôt que d’une pénurie d’emploi: c’est l’effet de l’investissement massif et direct dans l’économie. Nous avons augmenté nos transferts de plusieurs milliards au gouvernement du Québec, permettant à la province d’équilibrer ses finances. Nous avons mis en place des programmes sociaux qui répondent aux besoins des gens, comme l’Allocation Canadienne pour Enfants. Dans la MRC d’Antoine-Labelle, nous avons fait des investissements majeurs, à commencer par les 13 millions $ pour le projet Brancher Antoine-Labelle. Nous avons établi un partenariat avec le Parc de la Montagne du Diable, la Laiterie des 3 Vallées, les clubs de motoneige de la région, le Centre d’Exposition, le parc linéaire Le P’tit Train du Nord et une foule d’autres projets porteurs. Nous sommes partenaires de dizaines de projets bénéficiaires du programme Nouveaux Horizons pour les aînés. Depuis trois ans, des centaines de jeunes, de dirigeants d’organismes et de propriétaires d’entreprises ont bénéficié du programme Emplois d’Été Canada. Au final, le soutien de notre gouvernement vient clairement en appui au développement économique régional, à la modernisation des infrastructures et à la qualité de vie des gens d’ici.

Vous saluez un «grand jour pour Laurentides-Labelle» en soulignant les importants moyens pris par votre gouvernement pour brancher tous les Canadiens à Internet haute vitesse. Le gouvernement fédéral semble en revanche totalement absent d’un autre grand dossier de première importance au plan local: celui de la réfection de la route 117, qui est une transcanadienne. Le fédéral n’aurait pas pu ajouter quelques millions de dollars à son déficit pour améliorer la sécurité des gens sur la route 117?

La 117 n’a de Transcanadienne que le nom. Il s’agit d’une route entièrement gérée par le provincial. Nous disons depuis le début qu’on offre notre entière collaboration, que l’argent du fédéral est au rendez-vous et qu’il ne manque que la priorisation de la province. Le gouvernement du Québec n’a toujours pas fait de demande officielle, préférant utiliser l’argent fédéral pour des autoroutes ailleurs au Québec. On ne peut pas investir directement dans la 117 autant que je le voudrais, sous peine de se faire accuser d’ingérence dans les champs de compétence.

Le chef du parti conservateur, Andrew Scheer, estime que ce budget est «une opération de camouflage» pour faire oublier aux Canadiens l’affaire SNC-Lavalin. Qu’avez-vous à lui répondre?

C’est précisément le contraire. Les conservateurs profitent d’une situation où aucune règle ni loi n’a été brisée, comme l’a affirmée l’ex-ministre elle-même, pour détourner l’attention des Canadiens de tout le travail exceptionnel qu’on fait pour eux. La semaine passée, ils nous ont forcés à faire presque 300 votes en chambre, sans arrêt de 17h45 mercredi à 00h45 vendredi, pour chacune des dépenses du gouvernement fédéral. Les conservateurs n’ont pas voté contre toutes les mesures, mais ils ont entre autres voté contre 72 581 279$ destiné à Développement Économique Canada pour les régions du Québec, et contre de nombreux autres programmes importants pour les Québécois. Alors, qui veut cacher leurs vraies valeurs dans ce débat?

De son côté, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a déclaré que «la population a eu droit à un budget qui maintient le statu quo, en faisant passer les riches entreprises avant les gens qui peinent à joindre les deux bouts». Que lui répondez-vous?

Qu’il devrait regarder un peu moins ses deux montres Rolex et écouter le budget avec plus d’attention. Les mesures que nous avons annoncées seront justement bénéfiques aux citoyens, comme l’Allocation canadienne pour la formation, qui permettra aux gens de Laurentides—Labelle de parfaire leurs connaissances et compétences au travail. Nous proposons de bonifier l’exemption de gains du Supplément de Revenu Garanti pour les aînés qui souhaitent continuer à travailler, ce qui fait que plus d’aînés de la région pourront avoir plus d’argent à eux. Nous investissons de façon historique dans le logement social, pour que plus de gens aient un chez-soi abordable, comme c’est le cas à Rivière-Rouge où nous avons récemment annoncé 3,8 millions $. Nous créons un incitatif à l’achat d’une première propriété, ce qui encouragera les jeunes à rester ici et de nouvelles familles à venir s’établir chez nous. Des mesures comme celles-ci et toutes celles que nous avons mises en place depuis plus de trois ans font que plus de 278 000 enfants au pays ne vivent plus sous le seuil de la pauvreté.

La MRC d’Antoine-Labelle compte plusieurs producteurs laitiers. Vous annoncez aujourd’hui 3,9 G$ en faveur, notamment, des producteurs canadiens de lait, afin d’atténuer les pertes de revenus qu’ils subissent suite aux ententes commerciales conclues avec les États-Unis et l’Europe. N’avez-vous pas peur de les affaiblir davantage en faisant la démonstration aux adversaires de la gestion de l’offre que l’industrie laitière canadienne est subventionnée?

Non. Justement, nous continuons à défendre la gestion de l’offre contre ses détracteurs. Nous la soutenons parce qu’elle permet aux producteurs d’ici d’œuvrer de façon à offrir un produit de la plus grande qualité. Même le président des Producteurs laitiers du Canada a déclaré « Le gouvernement fédéral (…) donne suite à son engagement d’appuyer notre industrie laitière nationale.» Parallèlement, nous avons un rôle à jouer en tant que consommateurs en priorisant les produits d’ici. D’ailleurs, via le budget, nous prévoyons une politique alimentaire pour le Canada, dont quatre secteurs feront l’objet de mesures à court terme, incluant de faire des aliments canadiens le premier choix au pays et à l’étranger.

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Simon Dominé , Rédacteur en chef

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