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25 mars 2019

La belle Hélène

Une première expérience qui promet

La Belle Hélène est un opéra-comique en trois actes, créé en 1864, l’une des œuvres les plus connues de Jacques Offenbach (photo: gracieuseté).
La Belle Hélène est un opéra-comique en trois actes, créé en 1864, l’une des œuvres les plus connues de Jacques Offenbach (photo: gracieuseté).

La belle Hélène, opéra-comique en trois actes, présenté par Jeunesses Musicales Canada (JMC), sera à l’Espace Théâtre le 31 mars prochain. C’est la première fois qu’on y offre un tel spectacle. Le Courant s’est entretenu avec Jocelyn Lapierre, directeur général et artistique pour savoir ce qui a motivé le choix d’une pareille nouveauté et comment sont choisis les spectacles présentés à l’Espace Théâtre.

Il est peu habituel de voir de l’opéra à l’Espace Théâtre, que propose le spectacle La belle Hélène?

Ça va être une première à Mont-Laurier. Je dirais, sans conter toute l’histoire, qu’on voulait simplement que les gens de la région puissent avoir une première expérience. C’est un bel opéra! Ce n’est pas quelques chanteurs qui viennent faire la chansonnette. Il y a une mise en scène et c’est très théâtral. C’est une belle grosse distribution de jeunes talents qui va aussi se produire partout au Canada. C’est une production de théâtre chanté avec beaucoup d’humour, de rebondissement, de jeux d’esprit. Il y a de tout là-dedans. On a fait ce choix-là parce qu’on pense que ça va interpeller le plus de gens possible. C’est un opéra accessible et facile à comprendre.

Pourquoi avoir choisi de présenter ce type de spectacle à Mont-Laurier? Y a-t-il un cadre, un programme, une obligation qui vous a poussé à le faire?

On essaie de plus en plus d’intégrer dans notre programmation, les séries présentées par JMC. C’est toujours dans le domaine du classique et depuis quelques années, il y a de belles offres au niveau de l’opéra. Comme il n’y avait jamais eu d’opéra à Mont-Laurier, on avait une belle occasion par le biais de l’entente qu’on a avec JMC. Maintenant, on fait au moins deux spectacles provenant d’eux chaque année. Ils sont vraiment spécialisés dans le développement de la musique classique au niveau de la relève. Peut-être qu’on n’avait pas vraiment la scène pour ça avant, mais la nouvelle salle offre des horizons nouveaux qu’il faut, en tant que diffuseur pluridisciplinaire, exploiter en allant chercher et explorer de nouveaux marchés et une nouvelle clientèle.

Croyez-vous que le nombre de spectateurs qui se déplaceront sera suffisant pour pouvoir dire que c’est une réussite autant au niveau de la quantité de gens en salle que sur le plan monétaire ou encore pour l’atteinte des objectifs visés par sa présentation?

Une bien grosse question… Parce qu’il y a des gens qui pensent que ce n’est que ça faire de la diffusion. La réussite d’un spectacle ne devrait jamais être juste monétaire. On est subventionné pour offrir une diversité. On n’est pas subventionné pour faire de l’humour ou de la chanson, mais bien pour présenter ces autres spectacles-là et prendre ces risques-là. C’est comme si on disait que la bibliothèque ne devrait qu’acheter des livres populaires. Ce n’est pas à ça qu’on s’attend, ce n’est pas sa mission. On s’attend d’y trouver le livre que peut-être on n’a pas trouvé ailleurs, qu’on veut découvrir. Il faut offrir une certaine diversité. Je dirais que dans une programmation de spectacles, il y a une partie qui est rentable et l’autre partie qui est pour le développement.

De quelle manière préparez-vous votre programmation annuelle et comment choisissez-vous les spectacles qui seront présentés à l’Espace Théâtre?

Il y a tellement d’éléments là-dedans. On a toujours des objectifs fixés par discipline, qu’on ne respecte pas toujours (rire). Ça dépend du marché et des offres qui s’y retrouvent. Par exemple, même si je disais «je vais faire 15 shows d’humour cette année», s’il y en a 22 d’intéressants, je fais quoi? Je ne les prendrai pas tous. Même chose s’il n’y en a que six de bons, je n’en prendrai pas plus juste pour dire que j’ai respecté les objectifs. C’est la même chose pour toutes les disciplines. J’ai toujours en tête que je dois en 3présenter entre tant et tant, mais parfois on a plus, et de meilleures offres et parfois on n’en a pas du tout. Ensuite, les choix qu’on fait passent dans ce que j’appelle l’entonnoir. Il y a une suroffre dans tout, que ce soit en danse, en jeune public, en théâtre. Les disponibilités des productions, les coûts, les déplacements, il faut prendre tout ça en compte. Ce sont vraiment plusieurs facteurs avec lesquels on tricote pour finir par déposer une programmation qui a un sens et qui nous ressemble.

Quels sont vos objectifs en tant que diffuseur de spectacle?

Moi, c’est d’offrir ce qu’il y a de meilleur sur le marché dans le cadre de nos moyens tout simplement. On veut aussi permettre aux gens de découvrir le plus large possible. Jamais on ne va se contenter de faire juste de l’humour par exemple et en plus on n’est pas subventionné pour ça, on est subventionné pour faire le reste. Déjà là, ça trace un bon portrait de la réalité. L’argent qu’on nous verse c’est pour prendre des risques donc il faut diversifier la programmation. Il faut toujours avoir un peu de danse, un peu de théâtre de création, le conte, le cirque de temps en temps… Sinon, on deviendrait des diffuseurs spécialisés.

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