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13 mars 2019

Les équipes de hockey junior AA sont-elles appelées à disparaître?

Kathleen Godmer , journaliste

En raison du développement du hockey scolaire et du manque de joueurs disponibles, les Rapides de Mont-Laurier et les Diables de Mont-Tremblant sont-ils appelés à fusionner? Du côté de Maniwaki, les Mustangs semblent au contraire avoir le vent en poupe (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
En raison du développement du hockey scolaire et du manque de joueurs disponibles, les Rapides de Mont-Laurier et les Diables de Mont-Tremblant sont-ils appelés à fusionner? Du côté de Maniwaki, les Mustangs semblent au contraire avoir le vent en poupe (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

La semaine dernière, Sylvain Meilleur, entraîneur des Rapides de Mont-Laurier, a déclaré que «ce sera probablement la dernière saison des Rapides telle que l’équipe est présentement. J’ai parlé avec Dominic Bell et s’il n’y a pas de fusion avec Tremblant, le manque de joueurs va faire qu’on va disparaître». Le Courant a cherché à comprendre ce qui se passait réellement au niveau du Junior AA et ce qui fait que les équipes disparaissent les unes après les autres.

Du côté de Mont-Tremblant, les Diables ont dû cesser leurs activités en janvier dernier et maintenant, c’est au tour des Rapides de Mont-Laurier de s’interroger sérieusement sur l’avenir de l’équipe après la saison en cours.

La solution qui semble laisser un peu d’espoir serait la fusion de ces deux équipes, qui font partie de la Ligue de hockey junior AA Laurentides-Lanaudière (LHJAA), d’en le but de n’en former qu’une qui soit complète et capable de bien performer.

Un manque criant de joueurs

Si on prend comme exemple la première fin de semaine de mars, où l’équipe est partie sur la route avec seulement dix joueurs et a dû terminer sa dernière partie avec sept gars seulement sur la glace à cause de blessures, il n’est pas difficile de comprendre que les effectifs manquent pour avoir une équipe digne de ce nom.

M. Meilleur a affirmé: «Je suis en discussion avec Tremblant comme c’est là. Je parle avec l’ancien entraîneur et avec Dominique Marier qui est sur le conseil d’administration de l’équipe et on veut essayer de parler avec nos gars d’ici la fin de l’année pour être sûr de leur implication l’année prochaine, sans ça…»

Oui, il y a espoir de fusionner les joueurs des Rapides et des Diables, mais plusieurs choses doivent être vérifiées avant même qu’on commence à penser à prendre des décisions. «Avant tout, on veut voir l’intérêt des joueurs à poursuivre et à s’impliquer et on veut surtout tâter le pouls chez les vétérans. Mettons que j’ai droit à quatre 21 ans, je veux voir avec mes gars de 20 ou 21 pour savoir s’ils veulent continuer et après ça des décisions vont se prendre sur ce qui va arriver l’année prochaine», a expliqué M. Meilleur.

La problématique vient vraiment du fait qu’on manque de joueurs pour avoir une équipe complète. La réalité des régions implique que la majorité des jeunes en âge de faire partie du junior AA quitte pour aller poursuivre leurs études postsecondaires à l’extérieur et se rapprocher des plus grandes villes.

«Quand ils font leur cégep à Mont-Laurier, il n’y a pas de trouble, les joueurs restent, mais si on prend l’exemple d’Hugo St-Germain qui, l’année prochaine, s’en va probablement à l’université de Sherbrooke, pas sûr qu’il va venir jouer 32 matchs à Mont-Laurier en étant là-bas. C’est ça la réalité» a précisé l’entraîneur des Rapides.

Dominic Bell moins catégorique

De son côté, Dominic Bell, impliqué dans l’organisation de l’équipe, a mentionné que «Ça, c’est le point de vue de Sylvain. Il est à bout de souffle. Comme chaque année, on va prendre du recul à la fin de la saison et on va regarder ce qu’il en est avec la ligue et les autres équipes. Maintenant c’est de la juridiction du hockey mineur, on va donc s’asseoir avec eux aussi».

M. Bell était d’accord pour dire que le manque de joueur est problématique. Déjà en début d’année, on savait que ce ne serait pas facile. La ligue a changé et certaines décisions discutables ont été prises.

«Je pense plus que ce que Sylvain veut dire c’est que si la situation reste comme ça, ce sera impossible pour lui de compétitionner avec les autres équipes. Voué à toujours finir dans les derniers parce qu’on n’a pas le bassin de joueurs, c’est certain que c’est décourageant. Moi je pense que tant qu’il y aura chez les jeunes le désir de jouer du junior compétitif, on va regarder pour des solutions», a précisé M. Bell.

La décision n’est donc pas arrêtée et les discussions se poursuivent avec Tremblant, mais au bout du compte, la décision reviendra à la ligue.

Le hockey scolaire signera-t-il l’arrêt de mort du junior?

De son côté, l’équipe de Tremblant a dû, en janvier dernier, cesser ses activités exactement pour les mêmes raisons qui poussent maintenant les Rapides à s’interroger. Philippe Paquette, de l’organisation des Diables, a expliqué que pour le moment, lui, n’est pas impliqué dans les discussions en cours, mais que l’an dernier, dans la saison estivale il y avait eu des pourparlers et qu’avec l’arrivée de l’équipe senior à Mont-Laurier, on espérait une continuité pour certains joueurs. Suite à ça, Tremblant avait décidé d’aller de l’avant avec une équipe et malheureusement, comme on le redoutait, le manque de joueur a signé la fin de l’équipe.

Selon M. Paquette, le cœur du problème vient du fait que «dans les dernières années, il y a eu une explosion du hockey scolaire dans les âges inférieurs et ce que ça amène c’est que les jeunes, au lieu de s’enligner vers le hockey civil intercité au niveau AA et BB, décident d’aller vers le hockey scolaire pour avoir un peu plus de liberté les fins de semaine, pour avoir des pratiques de jour et un certain suivi académique. On ne se cachera pas aussi que pour le temps de glace, il y a un plus versus le civil.»

La situation fait donc que quand les jeunes grandissent dans cette structure scolaire là, le bassin pour remplir les équipes civiles n’est plus là. «Si on regarde juste Tremblant cette année, il n’y a pas de Bantam AA, pas de Midget BB, pas de Midget AA, on a aucun joueur affilié possible et au niveau de Hockey Québec, on ne peut pas affilier des joueurs qui proviennent du réseau scolaire», a expliqué M. Paquette.

N’ayant pas, ou peu de solution face à ça, M. Paquette a aussi avoué que selon lui, «pour le junior AA, a moyen ou court terme, c’est voué à disparaître, puisque pour les joueurs, ça devient la dernière alternative.»

Il faut aussi garder en tête que pour les joueurs évoluant dans les équipes scolaires, la visibilité pour le recrutement favorable et d’autres portes s’ouvrent aux jeunes qui, maintenant, ont pour priorité d’avoir aussi un diplôme en poche.

Mustangs de Maniwaki: une philosophie payante

Pour les Mustangs de Maniwaki, on constate que la réalité est toute autre. Évoluant dans la Canadian Premier Junior Hockey League (CPJHL), la mentalité de l’organisation des Mustangs semble différente.

«C’est une occasion pour les jeunes de se faire voir par des recruteurs. C’est le but de notre ligue qui en est une de développement. On veut donner une chance aux jeunes d’aller plus haut dans le hockey», a expliqué le président des Mustangs, Éric Gauthier.

L’équipe formée d’une majorité de joueurs venant de l’extérieur est jeune, mais subit beaucoup de mouvements du côté des joueurs. «On commence à être connu. L’an passé, on courrait après les joueurs et cette année, ce sont eux qui veulent se joindre à nous», a expliqué M. Gauthier.

L’organisation des Mustangs aide ses joueurs à se loger, à trouver du travail et même à faire des retours aux études pour ceux qui le veulent. Elle insiste beaucoup sur l’implication de ses joueurs dans la communauté. Ne cessant de répéter qu’il considère son équipe comme étant une équipe transitoire et de développement permettant aux joueurs de se diriger vers un niveau supérieur ou vers ce qui leur convient le mieux, le président espère réussir à accomplir les mêmes choses que l’an passé, et peut-être plus.

«L’an passé, on a placé un joueur en Suède, un en Floride, deux dans le Junior AAA, un dans le Junior en Ontario et on en a aidé quatre ou cinq à retourner à l’école… Ça vaut bien des victoires», a expliqué avec fierté M. Gauthier.

Départs et nouvelles acquisitions sont donc continuellement à prévoir puisque l’objectif de cette équipe est l’accompagnement et l’évolution. Nouvelle vision qui apporte un vent de fraicheur et qui ne peut que favoriser la performance.

«Si on regarde juste Tremblant cette année, il n’y a pas de Bantam AA, pas de Midget BB, pas de Midget AA, on a aucun joueur affilié possible.»

– Philippe Paquette, des Diables de Mont-Tremblant

«L’an passé, on courrait après les joueurs et cette année, ce sont eux qui veulent se joindre à nous.» – Éric Gauthier, entraîneur des Mustangs de Maniwaki

«Je pense plus que ce que Sylvain veut dire c’est que si la situation reste comme ça, ce sera impossible pour lui de compétitionner avec les autres équipes. Voué à toujours finir dans les derniers parce qu’on n’a pas le bassin de joueurs, c’est certain que c’est décourageant.»

– Dominic Bell

«Si on prend l’exemple d’Hugo St-Germain qui, l’année prochaine, s’en va probablement à l’université de Sherbrooke, pas sûr qu’il va venir jouer 32 matchs à Mont-Laurier en étant là-bas. C’est ça la réalité.»

– Sylvain Meilleur, entraîneur des Rapides

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Kathleen Godmer , journaliste

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