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11 février 2019

Enseignement supérieur

L’UQAT soulagée du rétablissement du financement aux universités en région

Renaud Giraldeau , pigiste

Le campus de l’UQAT, à Mont-Laurier (photo: Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Le campus de l’UQAT, à Mont-Laurier (photo: Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Le Courant s’est entretenu avec Denis Martel, recteur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), concernant la somme de 1,8 M$ annoncée le 18 décembre dernier par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

Pour le recteur de l’UQAT, ces sommes sont un juste retour du balancier. Il explique que le gouvernement libéral avait procédé à des coupes pour les universités en région afin d’intégrer ces sommes dans le fonds consolidé : «Ce sont des sommes que les cinq universités de région recevaient depuis 1999-2000 avant d’être coupées dans le dernier mandat libéral», précise Denis Martel.

Le recteur précise que les universités sont libres de disposer de ces sommes comme elles l’entendent, malgré l’insistance du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur d’en faire un outil de développement économique régional.

«C’est clair qu’il y a un lien entre les universités et le développement économique, mais ce n’est pas direct. Ces sommes serviront au fonctionnement de l’université de manière générale. On s’en allait vers un budget déficitaire, mais là nous n’en aurons pas», précise Denis Martel. Il attend d’ailleurs des réponses du ministère afin de savoir si les sommes seront rétablies de façon récurrente, comme c’était le cas avant les coupures du précédent gouvernement.

Services coûteux en région

Le recteur ajoute que les services en région sont plus coûteux en raison de la petite taille des groupes et du mode de financement «par tête», d’où l’importance de ce fonds qui permet de combler l’écart de financement et maintenir les groupes de petite taille. «Cet argent nous permet de maintenir des services dans les communautés desservies par l’UQAT comme le campus de Mont-Laurier, peut-être même les augmenter selon les besoins», précise le recteur.

Plan stratégique quinquennal

L’UQAT se dirige d’ailleurs vers sa planification stratégique pour les cinq prochaines années. Une tournée de consultation sera menée afin de connaître les besoins, incluant ceux des campus délocalisés comme celui de Mont-Laurier. Dans ce plan se trouve le renouvellement du bail au Centre collégial de Mont-Laurier avec le Cégep de Saint-Jérôme. Une collaboration en vue d’un agrandissement est un secret de polichinelle selon le recteur de l’UQAT : «Je ne crois pas vous surprendre en disant que nous regardons les possibilités d’agrandissement avec le Cégep de Saint-Jérôme à moyen ou long terme», précise le recteur.

Philosophie du partage

Lorsque Le Courant lui demande si la compétition entre les universités nuit au système en général, le recteur de l’UQAT ne veut pas critiquer ses homologues des autres universités. Il croit plutôt que c’est le financement «par tête» qui crée de la compétition poussant les universités à vouloir attirer un maximum d’étudiant et que cela perdurera tant et aussi longtemps que ce mode de financement existera. Entre temps, il croit en la philosophie du partage afin d’optimiser les ressources mises à la disposition des institutions d’enseignement.

Selon Denis Martel, la collaboration avec le Cégep de Saint-Jérôme fait partie de la philosophie générale du partage des installations que prône l’UQAT: «L’UQAT a toujours choisi de travailler en collaboration pour partager ses installations. À Rouyn-Noranda, nous partageons le centre sportif et la cafétéria avec le Cégep de Rouyn-Noranda. Nous n’avons pas besoin de deux cafétérias! C’est la même chose au campus de Mont-Laurier. Pour nous, c’est une saine gestion des fonds publics», conclut Denis Martel.

«L’UQAT a toujours choisi de travailler en collaboration pour partager ses installations. Pour nous, c’est une saine gestion des fonds publics». – Denis Martel, recteur de l’UQAT

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Renaud Giraldeau , pigiste

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