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28 décembre 2018

Année mouvementée en vue

La CSPN à la recherche de deux commissaires

Renaud Gilraldeau

Normand Bélanger, président de la CSPN (photo: archives).
Normand Bélanger, président de la CSPN (photo: archives).

Le Courant s’est entretenu avec Normand Bélanger, président de la Commission scolaire Pierre-Neveu (CSPN) à propos de l’appel de candidatures pour deux postes de commissaires laissés vacants par des départs volontaires, ainsi que quelques questions d’actualité qui risquent de changer fondamentalement le visage des commissions scolaires au Québec.

Quelles sont les raisons qui font en sorte que deux postes de commissaires sont désormais vacants?

Le gouvernement du Québec, libéral à l’époque, a reporté les élections scolaires à 2020. Or, Isabelle Gaudreau s’était engagée pour un mandat de quatre ans lorsque j’étais allé la chercher pour qu’elle fasse partie de mon équipe. Elle ne renouvèle donc pas son mandat pour les deux années supplémentaires ajoutées par le gouvernement, tout simplement. Même chose pour Pierre Charbonneau qui est en poste depuis 15 ans et qui avait décidé de faire un dernier mandat de quatre ans qui est venu à échéance en novembre dernier. Les personnes intéressées à servir comme commissaire peuvent poser leur candidature jusqu’au 15 janvier 2019.

Selon vous, quelles raisons motivent le gouvernement du Québec dans sa position en faveur de l’abolition du conseil des commissaires?

Si le ministre est mon patron, je ne peux pas critiquer le ministère. Ils affirment vouloir centraliser, mais au fonds, ils risquent de centraliser davantage en faisant en sorte que les directions générales relèvent du ministre plutôt que du conseil des commissaires. C’est bien certain aussi qu’ils vont favoriser des gens qui sont proches de leur famille politique, ça permet d’avoir un meilleur contrôle sur ce qui se passe. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a parlé d’un caillou dans le soulier. C’est vrai que ça dérange, parce qu’on est là pour contester, critiquer et se mobiliser si les décisions du ministère ne nous conviennent pas.

Selon vous, par quoi le gouvernement du Québec pourrait-il bien remplacer les conseils des commissaires?

Ce qu’ils ont l’intention de faire n’est vraiment pas clair. Le premier ministre a parlé de comités de parents, mais le lendemain le ministre a parlé de conseils d’administration cooptés semblables à ceux des cégeps. Ils ne s’entendent pas encore entre eux sur ce que ce sera, alors c’est difficile à dire. Dans tous les cas, il faudra être vigilants afin de s’assurer que certains services ne soient pas délocalisés vers Saint-Jérôme comme nous avons vu avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides.

La députée de Labelle, Chantale Jeannotte, a déclaré en entrevue avec Le Courant que les conseils des commissaires sont antidémocratiques. Avez-vous quelque chose à lui répondre?

Allez voir n’importe quel conseil d’établissement d’école, vous verrez une vingtaine de personnes élire sept ou huit personnes. Des personnes cooptées ou choisies directement par le ministre, si c’est ça la démocratie... Ce n’est pas vraiment plus démocratique que le verdict de la population. Même si 10-11% se prononcent, tout le monde a la chance de le faire. Le gouvernement n’a jamais vraiment cherché à améliorer cette participation-là, leur idée est déjà faite.

Quels sont vos objectifs pour 2019?

Nous allons demeurer vigilants et orienter nos actions autour du grand principe de l’équité pour les élèves. Nous voulons nous assurer que, malgré les changements annoncés par le gouvernement, les élèves de Sainte-Anne-du-Lac continuent d’avoir accès aux mêmes services que ceux de Mont-Laurier. Dans le dossier de la maternelle quatre ans, nous croyons que c’est une bonne chose dans les milieux où des services de garde de qualité ne sont pas disponibles. L’idée de mettre ça mur à mur est contreproductive et risque de coûter très cher pour des services moins bons que ce que les services de garde existants offrent déjà aux parents. Il faut cibler des milieux en particulier.

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Renaud Gilraldeau