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27 septembre 2016

Je ne suis au Courant de rien...

«On nous cache tout, on nous dit rien» chantait Jacques Dutronc en 1967. Plusieurs ont pris la relève depuis, mais c’est toujours la même chanson. Que voulez-vous, quand on vit dans «le plus meilleur pays du monde» comme disait un certain premier ministre canadien qu’on appréciait mal même en ego portrait, il est difficile de croire que nos élus et plusieurs non élus membres de fondations multinationales n’œuvrent pas pour notre bien-être.

«Plus on apprend, plus on ne sait rien, on nous informe vraiment sur rien», disait-il aussi. Non mais vraiment, ce que l’on peut être crétins parfois. Ce serait donc vrai que ce que l’on ne sait pas ne devrait pas nous faire de mal. Si ce que certains de nos prétendus représentants fomentent en cachette est trop sérieux pour notre petite compréhension, que notre résistance au changement n’est pas bonne pour l’évolution de leur fortune personnelle, il est préférable de ne rien savoir…

On nous informe du temps qu’il fera demain, mais on nous cache la tempête qui gronde au-dessus de notre monde. On nous appauvrit au nom de la sacro-sainte économie. On nous fait croire qu’il faut fuir par en avant, sans jamais nous arrêter. Il faut vivre avec nos moyens, même ceux que nous n’avons pas.

Tous les jours, nous sommes bombardés d’informations tellement débiles que parfois nous devrions nous demander ce que cela cache. Quand nous sommes à l’écoute du bulletin de nouvelles, les bombes qui tombent nous semblent soudain tellement naturelles que les bombardements chirurgicaux ne signifient guère plus que l’ablation d’une appendicite. Qui sont les rois de l’information? Qui sont les innocentes victimes de ce vide? Ceux qui nous baisent et ceux qui sont baisés si je puis le dire ainsi.

Comment réagir quand un de ceux-là déclare qu’il n’était pas au courant alors qu’il devrait être un des mieux renseignés ou lorsqu’il affirme qu’il ne s’en souvient plus malgré le fait que notre devise provinciale soit «je me souviens»? Que penser quand l’un de ceux-ci prétend dire la vérité alors et que ladite vérité ne nous intéresse pas du tout puisqu’elle ne serait pas bonne à dire? Devient-il normal de consulter la météo comme jadis on consultait les augures? On se dit qu’il fera beau demain, que l’on gagnera peut-être à la loto même sans avoir acheté de billet. Après moi, le déluge! Mais qu’est-ce que c’est que cela le déluge? Ah oui, on annonce de la pluie abondante. À moins que ce ne soit une pléthore de postillons salafistes mettant le voile sur nos accommodements raisonnables.

C’est l’automne. Les érables sont rouges. Nos acériculteurs préparent déjà la saison prochaine. Ils vérifient la condition siccative des érables. Ils savent bien que la blessure provoquée par l’introduction du chalumeau dans l’arbre se cicatrisera et les obligera à percer ailleurs. Mais pour nous, les humains, pas de soucis! Que l’on nous entube autant de fois que l’on voudra, notre fondement s’y prêtera. Ceux qui ne comprendront pas ces propos sibyllins seront les premiers à ne pas se rappeler et se sentiront comme au sérail.

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