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5 décembre 2018

Avocat, docteur en droit et politologue f_berard@twitter

Le trône de François

Frédéric Bérard

Le discours du trône, surtout le premier, permet à un gouvernement d’annoncer l’ensemble de ses priorités et préoccupations. Il est ainsi loisible pour l’électorat de vérifier si, et dans quelle mesure, ce même gouvernement entend respecter les promesses balancées lors de la campagne l’ayant fait élire.

L’exercice tenu la semaine dernière par François Legault et ses ministres a ainsi eu effet de dévoiler, en un sens, les forces et faiblesses du plan de match proposé. Le tout sous fond de controverse, alors que le nouveau premier ministre fit l’erreur de couler aux médias copie du discours officiel, et ce, avant même de l’envoyer aux partis d’opposition. Erreur de débutant? De bonne foi? Stratégie populiste? Qu’importe. Violer une tradition parlementaire à la première occasion utile se veut, évidemment, un brin gênant.

D’un point de vue contenu, maintenant, il a été permis de sentir à la fois un certain recul sur les engagements pris lors de la campagne, ceci fusionné à un quelconque flou artistique trahissant l’amateurisme en place.

D’abord, l’entente avec les médecins spécialistes. N’était-il pas clair que Legault & co. allaient «déchirer» cette dernière sans discussion aucune? On parle maintenant pourtant de «revoir le mode de rémunération des médecins». Pas tout-à-fait le même truc, mettons.

La maternelle quatre ans? Oui, mais on ne sait trop quand, les écoles n’étant tout simplement «pas prêtes» à recevoir une tonne de nouveaux enfants. Eh ben. Toute une trouvaille, Sherlock. Question d’ailleurs: qui a déjà souhaité une maternelle à cet âge? Whatever.

L’abolition des commissions scolaires? Une vieille idée de l’ADQ de Mario Dumont remontant à la surface. Le problème, cela dit, semble assez évident, dans l’optique où ladite abolition provoquera nécessairement une centralisation des opérations à même les bureaux de Québec. Résultat probant? La perte d’emplois rémunérateurs pour les… régions. La cassette classique, quoi. Pour un gouvernement se targuant de faire de ces mêmes régions une priorité, on repassera. Et un peu à l’instar de la maternelle quatre ans, qui se réveille la nuit pour détester les commissions scolaires, dites-moi? Drôle de priorité, encore une fois.

Parlant de celles-ci, c’est-à-dire les priorités, quand même remarquable qu’un parti se disant autant nationaliste exclut parfaitement de son discours inaugural la question de la… langue française. Pas un mot. Eh ben. Un surcroît d’ironie quand on se rappelle que la CAQ souhaite déporter des immigrants ayant échoué un éventuel test de français. Appelons ça une (autre) incohérence.

La meilleure, maintenant: l’enjeu environnemental. Ayant visiblement jaugé, depuis l’élection, de l’ampleur de la préoccupation citoyenne, François Legault y va aujourd’hui d’une danse de type salsa, soit un pas en avant, deux par dernière. Faut faire preuve d’audace, dit-il, tout en étant pragmatique. Euh… Kessé ça? Le pragmatisme de quoi? Selon le quasi-ensemble des pragmatismes, la planète, s’il n’en n’est pas encore conscient, en est potentiellement à ses derniers kilomètres. La solution? Agir immédiatement et drastiquement, sans compromis. Voilà pour le pragmatisme. Et notons d’ailleurs ceci: plaider l’audace et le pragmatiste constitue, en un sens, l’un des plus grands paradoxes possibles. En français, on appelle ça parler pour dire. À voir le discours du Trône, paraît qu’il vaudra mieux s’habituer…

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