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31 octobre 2018

Rencontre avec Daniel Boucher

Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

Énergie, amour, conscience sociale et, surtout, musique, ne manquez pas le passage de Daniel Boucher, cet explosif musicien de la Gaspésie (photo: gracieuseté).
Énergie, amour, conscience sociale et, surtout, musique, ne manquez pas le passage de Daniel Boucher, cet explosif musicien de la Gaspésie (photo: gracieuseté).

Pratiquement absent des médias traditionnels, Daniel Boucher n’a pourtant pas cessé d’écrire ni de produire des spectacles depuis son dernier album «Toutte est temporaire». Attendu à Mont-Laurier le 2 novembre prochain, il a profité d’une entrevue avec le Courant pour saluer les gens de la place et les inviter à venir le rejoindre pour son nouveau spectacle incluant six nouvelles chansons.

Après la chanson «À grands coups de coude» sortie trois ans après la parution de son album «Toutte est temporaire», Daniel Boucher étonne avec «Les grands déçus domptés du grand lundi docile», une pièce à caractère social très saisissante.

Fustigeant l’apathie sociale et l’à-plat-ventrisme ordinaire avec son langage coloré, Daniel Boucher ne cesse de nourrir la critique de ceux qui ont le regard gris et «qui se pensent prisonniers des terrestreries». Jouée avec instinct, sa guitare électrique résonne de façon brute, sans artifice.

Une toune à la fois

Du flanc de sa montagne en Gaspésie, Daniel Boucher se préparait à vivre sa première grosse tempête hivernale. Comme un p’tit gars qui s’apprête jouer dehors dans la neige, l’artiste semblait tout aussi heureux et prêt à sauter dans l’action. Le temps, la vie de famille et la vue magnifique sur le fleuve, les montagnes et le village semblent influencer le rythme de vie de l’auteur-compositeur-interprète.

Plutôt que de faire des tournées intenses suivies d’une période de création, l’artiste opte maintenant pour trois différentes formules de spectacles (solo, duo ou trio). Ainsi, la formule de spectacle qu’il présentera à Mont-Laurier ne sera pas la même que celle présentée à Montréal. Il en va de même pour l’écriture qui est plus spontanée.

«Plus j’avance dans le temps; plus j’apprends à accepter ce qui arrive; plus je laisse ça aller. (...) C’est comme les nouvelles tounes: ‘’Je te cherche encore’’ est l’histoire d’un gars qui n’a pas encore trouvé la personne qu’il cherche; ‘’Les grands déçus domptés’’, c’est un peu plus social et ‘’Gâteaux de fête’’, c’est quand j’ai su que ma blonde était enceinte. Il y a toutes sortes de sujets; c’est ça qui est le fun; tu décides d’y aller une toune à la fois; t’es complètement libre; t’es pas obligé de suivre une thématique.»

Écrire: une question de discipline

Comment procède-t-il pour écrire? «C’est drôle à dire, c’est mon métier, mais ça écrit beaucoup mieux quand t’as la tête complètement libre, répond l’artiste. Je n’ai pas besoin d’être dans un lieu précis. Il m’est arrivé des tounes sur des bouts de “napkin”, dans la nuit, dans des restaurants. Ça peut t’arriver n’importe où, n’importe quand. L’important, c’est de le noter quand ça passe, parce que le lendemain, tu ne t’en souviendras pas nécessairement. C’est vraiment ça la discipline.»

Des œuvres autonomes

Questionné à savoir s’il y aura un nouvel album, Daniel Boucher éclate de rire parce qu’on lui pose souvent cette question, mais sa réponse est non, et ce, malgré les six chansons qu’il a écrites depuis la sortie de son dernier album.

«Ce sont toutes des œuvres autonomes, chacune d’elle est accompagnée d’un visuel et elles n’existent qu’en numérique, explique-t-il. Je trouve que c’est par là qu’on s’en va. En même temps, il y a pas mal de monde qui me demande du physique aussi. Je vais prendre la décision, mais pour l’instant, les tounes sont disponibles sur toutes les plateformes d’écoute en ligne qui jouent de la musique.»

Musique en ligne: «pas assez payant pour l’instant»

Est-ce qu’un artiste peut vivre de la vente en ligne? «Il y a des plateformes qui demandent un abonnement. Quand ta toune joue, t’es payé. Pour l’instant, c’est encore des “peanuts”; va falloir moderniser ça. Pour quelqu’un qui aime écouter de la musique, c’est un magasin de bonbons-là. Ça te coûte 10$ par mois pis t’écoute ce que tu veux, tant que tu veux (...). Il faut trouver une façon pour que ce soit plus payant pour ceux qui mettent la musique dessus parce que ce n’est pas assez payant pour l’instant. Sauf que l’idée est merveilleuse, je suis d’accord avec l’idée. Il faut juste que ça soit payant. On va trouver... Ça peut prendre du temps, des fois c’est long les choses, mais on va l’trouver.»

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Murielle Yockell , Journaliste-pigiste

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