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10 octobre 2018

Concours de labour

Père et fils partagent la même passion

Aurèle et Étienne L’Heureux, père et fils, dans une démonstration faite à la Concerne, à Ferme-Neuve, le 30 septembre dernier (photo: gracieuseté-Diane Sirard).
Aurèle et Étienne L’Heureux, père et fils, dans une démonstration faite à la Concerne, à Ferme-Neuve, le 30 septembre dernier (photo: gracieuseté-Diane Sirard).

Tout juste avant leur départ pour une autre fin de semaine de compétition qui se tiendra à Finch en Ontario, Aurèle L’Heureux (Ferme-Neuve) et son fils Étienne (Lac-des-Écorces) se sont entretenus avec le Courant pour expliquer ce que sont les compétitions de labour et partager leur nouvelle passion.

Depuis deux ans, père et fils participent aux nombreuses compétitions de labour qui se tiennent un peu partout au Québec et en Ontario. Toutefois, cette nouvelle passion qu’ils partagent vient de beaucoup plus loin.

«Ça fait juste deux ans que je fais ça. Il y a quelques années, en passant par Notre-Dame-de-la-Salette, j’ai vu des champs avec des labours différents. Je me suis informé au dépanneur pour savoir ce que c’était et on m’a parlé du concours. Ç’a piqué ma curiosité et je me suis mis à aller voir les différentes compétitions un peu partout. C’est là que la passion a embarqué et que j’ai voulu en faire moi aussi», a raconté M. L’Heureux père, qui confiait aussi qu’il est en contact avec les chevaux depuis qu’il a trois ans et que, très jeune, il aimait déjà labourer.

Déjà cinq concours

N’ayant jamais fait ça avant Aurèle L’Heureux s’informe et manifeste son désir de participer aux compétitions. L’organisateur du concours de Notre-Dame-de-la-Salette lui offre aide, conseils et même une petite formation. Il n’en fallait pas plus pour attiser le feu. Le père parle donc à son fils et lui propose de devenir son meneur, celui qui conduit les chevaux, afin que lui-même puisse s’occuper de la charrue. Proposition acceptée et début d’une passion commune.

«On peut faire les concours seul ou à deux. La majorité le fait seule, mais moi, parce que je suis vieux, j’aime mieux le faire avec mon gars. Étienne, lui, ça arrive qu’il en fait tout seul» a confié le père en riant.

Les deux hommes ont participé à trois concours l’an dernier et cette année, ils en sont à leur cinquième qui s’est tenu la fin de semaine du 5 au 7 octobre. Depuis ses débuts, l’équipe père-fils s’est classée trois fois en deuxième position. Les deux hommes se disent très satisfaits puisqu’ils considèrent être encore à l’étape d’acquérir de l’expérience.

«Pour l’expérience que j’ai, je suis bien content. Même si j’étais dernier, j’irais quand même parce que je m’amuse vraiment», a confié Aurèle L’Heureux.

Bien sûr, des bourses sont remises suite aux compétitions, mais les deux hommes s’entendent pour dire que comme ils viennent de loin pour participer, les montants de celles-ci ne couvrent pas les frais qu’ils doivent débourser. C’est donc la passion et le plaisir qui les motivent.

Mais qu’est-ce que c’est?

Un concours de labour est une compétition dans laquelle l’objectif est de labourer un champ de la manière la plus qualitative possible. Traditionnellement, la charrue utilisée pour le labour peut être menée par des chevaux ou des tracteurs.

Les compétiteurs labourent une parcelle de quelques milliers de mètres carrés. Un jury vient ensuite évaluer la qualité du travail produit, en comptabilisant, par un système de points, l’uniformité, la propreté ou encore l’homogénéité des sillons. «Nous, on fait ça avec une charrue à manchon. C’est très exigeant, on doit être très précis, beaucoup plus que quand on fait ça chez nous», a raconté Aurèle L’Heureux.

«Dans les compétitions qu’on fait, on laboure 250 pieds carrés. La zone a 100 pieds de long par environ 25 pieds de large. Il y a beaucoup de critères très stricts à respecter», a précisé Étienne L’Heureux.

Selon les compétitions, les laboureurs peuvent s’inscrire à une des cinq classes, soit débutant ou amateur, professionnels, 65 ans et plus, sulky et femme (ce qui est plus rare). Par la suite, seul ou en tandem, on s’exécute d’un sillon à l’autre en démontant son adresse et en convoitant amicalement la première place.

Des traditions qui se transmettent

Les concours de labour avec chevaux lourds perpétuent la tradition et la transmission des techniques ancestrales de labourage. Même si on en entend peu parler dans la région, ce genre de compétition existe depuis longtemps. «À Notre-Dame-de-la-Salette, c’est le 95e anniversaire cette année. Ça devient une tradition qui vient d’une tradition. Ici, on n’en entend pas beaucoup parler parce qu’il n’y en a pas», a expliqué Étienne L’Heureux.

En effet, aucune compétition de ce genre n’existe dans la région, ce qui oblige père et fils à se déplacer pratiquement toutes les fins de semaine pour pouvoir pratiquer leur passion.

Toujours grandissante, cette passion commune est en train de faire naître un autre rêve qui serait d’organiser de tels concours dans la région. «On y pense, mais c’est gros. Par contre, on est certain que ça intéresserait beaucoup de gens du coin. On a pu le constater quand on a fait une démonstration à Ferme-Neuve, à la Concerne» a raconté M. L’Heureux, fils.

Cette démonstration, a aussi permis à la fille d’Étienne L’Heureux, qui a 16 ans, de s’initier à son tour et de participer à l’événement avec son père et son grand-père. Selon les dires des deux hommes, la jeune fille aurait très bien fait ça. Est-ce que ce sera une troisième génération qui rejoindra cette belle passion?

«C’est ma passion des chevaux qui m’a amené vers les concours de labour. Je fais ça pour le plaisir. C’est sûr qu’on se lance toujours des petits défis personnels, mais dans ma tête à moi, que je gagne ou non, c’est pas important. Le plus important pour moi c’est que mes chevaux me fassent plaisir. Si mes chevaux vont bien, c’est le paradis pour moi.»

-Aurèle L’Heureux.

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