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28 septembre 2018

Avocat, docteur en droit et politologue f_berard@twitter

Le nain et le géant

Frédéric Bérard

Depuis toujours, la politique internationale en est une de rapport de force. Qui, ultimement, détient le gros bout du bâton. Pas pour rien, d’ailleurs que toutes les grandes puissances du monde se sont systématiquement, ou presque, lancées tôt ou tard dans la course aux armements, sachant trop bien qu’une force de frappe à cet effet allait assurer la pérennité de leur succès économique.

Les États-Unis constituent certainement le meilleur exemple possible de ce qui précède. Qui peut leur tenir tête? D’aucuns répondront avec pertinence la Chine et la Russie, mais les illustrations de confrontations directes où ces derniers l’auraient emporté clairement face à l’Oncle Sam se font toujours attendre. Ainsi, et si ces méga-puissances se méfient de Washington, imaginez à quel point un moyen pays comme le Canada peut, malgré sa bonne foi, penser tirer son épingle du jeu face à son voisin du Sud. Mission impossible. Particulièrement quand le premier ministre canadien est dépourvu d’étoffe, et que le président américain se nomme… Donald Trump.

C’est sur cette toile de fond que se déroule actuellement les négociations, manifestement âpres et ardues, du renouvellement de l’ALÉNA. Trudeau sait évidemment qu’un échec à cet effet serait assurément catastrophique pour le Canada. Notamment pour plusieurs de ses régions, dont l’économie dépend en bonne partie des exportations vers les États-Unis. Et si vous êtes Trump? Vous savez pertinemment la même chose. En d’autres termes, vous le tenez par vous-savez-quoi.

Par conséquent, suffit d’un peu de mauvaise foi de la part de Washington pour provoquer des situations pratiquement surréalistes. Par exemple un président américain qui se vante publiquement d’avoir refusé de rencontrer Justin Trudeau en marge de la dernière rencontre de l’Assemblée des Nations unies. Vous avez bien lu. Un refus de rencontrer son allié de toujours, ou presque. Et il s’en vante. S’ajoute à ceci le fait que ce même Trump a apparemment refusé de se lever afin de saluer son homologue canadien, lors d’un diner récent.

La cause de ce manque flagrant de la diplomatie la plus élémentaire? La personnalité de Trump, bien entendu, lequel est capable de pire. Mais aussi et surtout, on y revient, au fait que ce dernier sait trop bien que Trudeau est présentement assis dans le siège du quêteux. Et ce sera ultimement à lui, et non à Donald, de plier.

Afin d’expliquer ses plus récentes bouderies, le président américain est allé des «explications» suivantes: «Ses tarifs sont trop hauts [sur l’aluminium], et ils ne semblent pas vouloir bouger, donc je lui ai dit: “Oublie ça”».

Dans la même veine: «Je dois être honnête avec vous: nous ne nous entendons pas du tout avec leurs négociateurs. Nous croyons que leurs négociateurs [canadiens] ont profité de notre pays longtemps».

En conclusion: «Si le Canada ne veut pas faire d’entente avec nous, nous ferons une bien meilleure entente. Nous imposerons des tarifs sur leurs importations de voitures. Nous injecterons des milliards et des milliards dans nos coffres, et nous en serons très heureux, car c’est en fait beaucoup plus d’argent que nous pourrions faire en toute circonstance en concluant une entente».

Morale de l’histoire? Comment un nain peut-il, en l’absence de bonne foi de la part d’un géant, négocier avec succès?

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