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12 septembre 2018

Alphabétisation, francisation et développement des compétences

La Griffe d’Alpha ouvre ses portes au public

Kathleen Godmer , journaliste-pigiste

La table ronde en alphabétisation a permis, par le biais de témoignages, de mieux comprendre la réalité des gens concernés et les différentes problématiques qui s’y rattachent. À droit sur la photo, Pierre Arcand, présentement en formation à la Griffe d’Alpha, a livré un témoignage qui portait à réfléchir (photo: Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).
La table ronde en alphabétisation a permis, par le biais de témoignages, de mieux comprendre la réalité des gens concernés et les différentes problématiques qui s’y rattachent. À droit sur la photo, Pierre Arcand, présentement en formation à la Griffe d’Alpha, a livré un témoignage qui portait à réfléchir (photo: Kathleen Godmer – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Lors d’une journée portes ouvertes, dans le cadre de la Journée internationale de l’alphabétisation, la Griffe d’Alpha invitait la population à passer ses portes le 6 septembre dernier afin d’en connaître davantage sur l’ensemble des services offerts par l’organisme.

La Journée internationale de l’alphabétisation est célébrée dans le monde entier, le 8 septembre. Cette année, le thème «Alphabétisation et développement des compétences» a été choisi. La Griffe d’Alpha a profité de l’occasion pour offrir au grand public des visites guidées de ses locaux, des simulations d’ateliers, des activités en lien avec le conte ainsi que des tables rondes en alphabétisation et en francisation (témoignages, informations, discussions et questions).

Pour bien faire comprendre les deux principaux volets offerts par l’organisme, Marjorie Beaudoin, directrice générale de la Griffe d’Alpha expliquait que «la francisation s’adresse aux personnes immigrantes dont la langue maternelle n’est pas le français. On leur apprend le français afin de leur permettre de bien s’intégrer ici. L’alphabétisation est pour les gens qui ne possèdent pas les compétences jugées minimales ou souhaitables pour pouvoir bien fonctionner en société. Ça se situe au niveau de la lecture, de l’écriture et du calcul, mais on inclut aussi l’informatique puisque c’est devenu un incontournable».

Dure réalité

Même si des progrès ont été réalisés, des problèmes d’alphabétisation persistent encore dans notre société. Les exigences concernant les compétences requises pour travailler évoluent rapidement. Le manque de compétence ou avoir des compétences inadéquates devient souvent une problématique qui se fait sentir en région.

Associés à d’autres facteurs comme une faible croissance économique et aux technologies qui se développent rapidement, le manque de compétence devient source de chômage et compromet les moyens de subsistance.

Mme Beaudoin expliquait que «l’alphabétisation de la population et le développement des compétences constituent une partie de la solution face à la pauvreté et au manque de main-d’œuvre qualifiée qui sévit dans plusieurs secteurs. C’est pourquoi la Griffe d’Alpha, qui est un centre de développement des compétences pour adultes, est fière de mettre de l’avant des projets novateurs comme “Compétences Plus” et “Une page à la fois” qui tiennent compte des intérêts et de la situation des participants d’ici, tout en proposant des avantages concrets et immédiats qui font une différence dans la vie des apprenants, tant aux niveaux personnel que professionnel».

Témoignages touchants

Lors des tables rondes tenues lors de la journée portes ouvertes, plusieurs personnes fréquentant présentement la Griffe d’Alpha ont témoigné de leur expérience et des changements survenus dans leur quotidien.

Sonny Rivest, âgé de 83 ans, se rend régulièrement au centre depuis trois ans et a décidé qu’il en avait assez de faire rire de lui parce qu’il ne savait ni lire ni écrire. Rita Lachaîne désirait quant à elle se mettre à jour afin de retourner sur le marché du travail. Pierre Arcand, suite une blessure, doit pour sa part changer de profession.

On peut comprendre que pour tous ces gens, prendre la décision de retourner sur les bancs d’école demande du courage.

Souvent, ce sont le manque de confiance et la peur du jugement qui empêchent les gens de parler de leurs lacunes et qui les retiennent d’entreprendre des démarches pour y remédier. «Moi, c’est en feuilletant le journal que j’ai vu qu’ici on offrait des cours pour les 50 à 65 ans. Au début, ça n’a pas été facile de me décider, mais je suis venu à une première rencontre que j’ai bien aimée et qui m’a donné la motivation dont j’avais besoin et je ne le regrette pas du tout», racontait Pierre Arcand.

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Kathleen Godmer , journaliste-pigiste

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