Suivez le courant!       819 623-7374
Partager:
3 juillet 2018

Avocat, docteur en droit et politologue f_berard@twitter

Parti Québécois: chronique d’une mort annoncée

Frédéric Bérard

Je ne me ferai pas d’amis ici, bien évidemment, mais peu importe. La vérité a, malgré tout, certains droits. Alors voici: à moins d’un petit, voire grand miracle, le Parti Québécois en est à ses derniers kilomètres…

On voyait une tendance se dessiner, et ce, dès la fin des années Bouchard. Élections après élections, les appuis au parti de René Lévesque s’amenuisent. Lentement, certes, mais (très) sûrement. À un point tel où celui-ci, depuis 2003, dut se contenter d’un maigre 18 mois au pouvoir. Et encore: la victoire de 2012, éphémère, s’est conclue par un gouvernement minoritaire, celui de Pauline Marois. Le PQ de celle-ci avait d’ailleurs obtenu moins d’un pourcent d’appuis de plus que le controversé Parti libéral de Jean Charest.

Aujourd’hui, en prévision de la très prochaine campagne électorale, l’ensemble des sondages se veut catastrophique. Systématiquement en deçà de vingt pourcent d’appuis, le PQ risque d’être pratiquement rayé de la carte électorale. En fait, le site prévisionnel Qc125 leur accorde, le 1er octobre prochain, un grand maximum de neuf sièges. Neuf petits sièges de rien du tout. Rien à Montréal, rien à Québec. Le chef, Jean-François Lisée, perdrait son comté au profit de la Coalition Avenir Québec. Idem pour les vedettes du parti, notamment Jean-Martin Aussant, Maka Kotto, et même l’archi-populaire Véronique Hivon. Tout ceci dans des comtés de style forteresses. Même chose pour Sylvain Pagé, lequel accuse actuellement un retard face à un adversaire caquiste… fantôme. Quand ça va mal.

Impossible d’aller plus bas, penserait-on? Pas si convaincu. Parce que deux données ne peuvent mentir. D’abord, l’appui des francophones, frange traditionnellement acquise au Parti Québécois. Et bien plus maintenant. En fait, ce dernier obtient les faveurs de seulement 16% de ceux-ci. 16 francophones sur… 100. Ayoye. La meilleure? Que le (toujours) controversé PLQ réussisse à aller en chercher 23%. Le PLQ devant le PQ en termes d’appuis francophones. Probablement une première depuis Lévesque et Bourassa. L’autre mauvaise nouvelle? Que les jeunes, autre terreau fertile pour le Parti Québécois, favorisent dorénavant les libéraux. Oui, vous avez bien lu. 35% des jeunes québécois appuient le PLQ, contre 20% pour le PQ. Quand ça va mal, disions-nous…

Résultante? Assez simple. Si la tendance se maintient, pour reprendre l’expression connue, le Parti Québécois sera confiné à un rôle pratiquement fantomatique à l’Assemblée nationale et, simultanément, dans l’opinion populaire. Un peu comme son petit frère bloquiste à Ottawa. Pas très jojo.

Et qu’est-ce qui explique ce qui précède? Sûrement une pléiade de facteurs, la perte de vitesse de l’indépendance au premier chef. Mais il y a un autre coupable, à mon humble sens: la stratégie «identitaire» du Parti Québécois. Adoptée à la lumière de la «crise» des accommodements raisonnables, celle-ci a atteint un point culminant avec le défunt projet de Charte des valeurs. Conséquence? Trois des piliers principaux du parti ont alors plié bagages: les jeunes, les intellectuels et la principale communauté culturelle en faveur de l’indépendance, soit les Maghrébins. Et où se trouvent maintenant la plupart de ceux-ci? Chez Québec solidaire, lequel bouffe 11% d’appuis historiquement dévoués au PQ. Toute la différence du monde…

Aujourd’hui, en prévision de la très prochaine campagne électorale, l’ensemble des sondages se veut catastrophique. Systématiquement en deçà de vingt pourcent d’appuis, le PQ risque d’être pratiquement rayé de la carte électorale.

CHRONIQUE

juridique

Partager:

Frédéric Bérard