Suivez le courant!       819 623-7374
Partager:
20 juin 2018

Protection des bandes riveraines

Le COBALI veut «changer la mentalité des gens»

Dans une région récréotouristique comme les Hautes-Laurentides, la protection des bandes riveraines n’est pas qu’un enjeu environnemental, mais aussi économique (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
Dans une région récréotouristique comme les Hautes-Laurentides, la protection des bandes riveraines n’est pas qu’un enjeu environnemental, mais aussi économique (photo: archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

Alors qu’«on ne voit pas vraiment une grosse amélioration» au niveau de la protection des bandes riveraines, le Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI) lance une nouvelle campagne de sensibilisation dans les médias locaux.

La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) a été adoptée par le gouvernement du Québec en 1987, il y a plus de 30 ans, et pourtant les avancées dans la protection des bandes riveraines sont plutôt limitées.

Kristel Lucas, chargée de projets pour le COBALI, confiait au Courant qu’«en 12 ans, on ne voit pas vraiment une grosse amélioration» dans la préservation ces bandes de 10 à 15 mètres, selon l’inclinaison du sol, «qui sont un réel bouclier de protection pour la santé des plans d’eau».

Le COBALI a donc décidé de profiter du Mois de l’Eau, qui se tient en juin, pour lancer une nouvelle campagne de sensibilisation dans les médias de son territoire, qui s’étend du Lac Némiscachingue, dans Lanaudière, à Gatineau, en Outaouais, en passant par les Hautes-Laurentides.

L’organisme veut «essayer de changer la mentalité des gens», notamment en leur expliquant que le reboisement des rives n’est pas une punition. «C’est un atout en fait d’avoir la végétation au bord de l’eau, autant pour la faune que pour la qualité de l’eau, pour éviter le développement de cyanobactéries, les algues bleues qui font en sorte qu’on ne peut même plus se baigner dans l’eau», explique la chargée de projets.

La campagne s’échelonnera sur huit semaines, du 27 juin au 15 août, notamment dans les pages du Courant des Hautes-Laurentides. Les fiches d’informations porteront sur 1) les définitions et rôles de la bande riveraine, 2) la PPRLPI, 3) l’importance des trois strates (arbres, arbustes, herbacés), 4) l’érosion et la sédimentation, 5) la navigation prudente, 6) les arbres morts pour la faune, 7) laisser place au naturel ainsi que 8) l’aménagement durable des bandes riveraines.

Six capsules illustrées clé en main ont également été offertes aux municipalités afin qu’elles les diffusent dans leurs bulletins municipaux.

Pour la pérennité de l’industrie récréotouristique

L’enjeu n’est pas qu’environnemental aux yeux de l’employée du COBALI: «On est une région où il y a beaucoup d’activités récréotouristiques [donc] au niveau économique aussi c’est super important d’avoir des lacs en santé.»

En effet, l’économie de la MRC d’Antoine-Labelle, dont le slogan est «Je suis de lacs et de rivières», dépend en bonne partie du taux d’achalandage de touristes dans la région. D’ailleurs, Mme Lucas croit que «si ce secteur économique fonctionne bien, c’est en quelque sorte parce que les lacs sont généralement en bonne santé».

«Je verrais mal un terrain de camping s’établir au bord d’un lac qui est envahi par du myriophylle à épi ou toute autre espèce aquatique envahissante, ou un lac qui chaque année a des problématiques de cyanobactérie. Il n’y a pas personne qui ira là», prévient-elle.

Les droits acquis ont des limites

Certains riverains dont la demeure a été construite avant 1987 à l’intérieur d’une bande riveraine pourraient croire, à tort, même s’ils jouissent de droits acquis, qu’ils peuvent aménager leur terrain comme bon leur semble.

Mme Lucas confirme qu’ils peuvent faire «un certain entretien autour de la résidence», dans les quelques mètres qui la bordent, mais ils sont quand même dans l’obligation de laisser la bande riveraine revenir à son état naturel. Il leur est donc interdit de tondre la pelouse ou d’en ensemencer de la nouvelle dans les 10 à 15 mètres qui bordent l’eau.

Pour prolonger la vie de nos plans d’eau

Les lacs ont un cycle de vie et leur processus de vieillissement, l’eutrophisation, est accéléré par la non-protection des bandes riveraines.

L’absence de végétation a deux impacts principaux: le phénomène d’érosion du sol est plus rapide puisqu’aucune racine ne maintient solidement la terre en place et les nutriments, plutôt que d’être filtrés par les racines et de nourrir les arbres, se retrouvent dans l’eau et alimentent les plantes aquatiques, accélérant également l’eutrophisation.

Mme Lucas souligne «l’importance d’avoir trois strates de végétation, soit des arbres, arbustes et herbacés» dont les racines atteignent diverse profondeur et solidifie la rive.

Partager: