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6 septembre 2016

Le trans-parent

Peut-être serez-vous surpris si je vous dis que dernièrement j’ai lu et relu mon journal local. Ça ne vous fera certainement pas rire si je vous dis que tout le débat autour de la transparence du maire ainsi que de celle de certains de nos élus commence à m’énerver. Et quand je m’énerve, j’ai tendance à laisser apparaître chez moi des problèmes de compréhension, ce qui est probablement moins grave que des troubles de comportement. J’ai généralement pour habitude de minimiser les miens surtout lorsqu’on me traite d’emmerdeur. Mais, en bout de ligne, je laisse rarement couler puisque ma couche n’est pas encore totalement ajustée.

Une attitude de rigidité ne coïncide pas toujours avec un principe de virilité. C’est tellement vrai, que l’on soit homme ou que l’on soit femme, que la raideur, quand elle ne donne aucun signe d’assouplissement, devient rapidement incommodante. Moi, ça me rappelle des souvenirs d’enfance. Je vous le dis tout de suite, ce ne sont pas toujours les plus agréables qui remontent à la surface et non, je n’ai pas consulté de psychiatre.

Moi, quand on me dit: «Faites-moi confiance… trois maigres recommandations… aucun élément inquiétant»… ne concernent pas le grand public, c’est drôle, mais au lieu de m’apaiser, ça me titille l’imaginaire. Alors, tout devient possible. Me faire dire d’aller en saisir la Commission d’accès à l’information en plus, comme si on était incapable de le dire soi-même, ce n’est plus de la transparence, ça devient de l’opacité. Quand, à la petite école, on m’a tapé sur les doigts pour m’apprendre à écrire correctement avec un transparent, ça n’a fait qu’empirer les choses. Je me suis mis à faire des pâtés. Moi aussi, je m’accrochais dans les lignes du transparent (on écrivait à l’encre au moyen d’une plume réservoir). J’étais ensuite puni pour ne pas remettre une copie propre…

C’est un peu ce que je ressens en prenant connaissance de ce débat. En ces temps où la confiance est mise à rude épreuve, en ces temps ou dire la vérité ou encore fournir une simple petite information devient si difficile, si on a tellement peur d’être mal interprété qu’on se sent plus en sécurité en la taisant, le vulgum pecus est en droit de demeurer perplexes, particulièrement si ce ne sont que des recommandations maigres et nullement inquiétantes…

Suis-je un imbécile? Certains le croient, d’autres en sont certains. Je ne parle pas de ma blonde. J’ai lu quelque part (non, ce n’est pas dans le journal) que donner une gifle à un enfant pouvait le rendre sourd. Lui en donner une deuxième pouvait le rendre sourd-muet… est-ce le but recherché? Est-ce ce que la pratique de la démocratie nous enseigne? Les avocasseries s’apparentent souvent aux camouflets que l’on ne dessert plus que par juristes interposés. Pour moi, la transparence n’exige pas que l’on exhibe complètement nu devant tous, mais elle demande que le livre soit parfois un peu plus ouvert. La nature aurait horreur du vide, mais ceci est assurément une autre histoire.

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