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19 août 2016

Si tu vas à RIO

N’oublie pas de monter là-haut. Où ça? Là-haut comme dans la chanson interprétée par Dario Moreno? Dans ce petit village caché sous les fleurs sauvages? Bien sûr que non. Cet été, il ne fallait pas aller au Brésil pour son cachet exotique ni pour les superbes fesses plastifiées des danseuses du carnaval du même nom. Il fallait y aller pour monter là-haut sur la plus haute marche du podium.

Malgré la fierté que j’ai pu arborer lorsque de nos athlètes remportaient quelques médailles et faisaient vibrer nos tripes, je n’ai pu m’empêcher de penser à tous ceux qui, grâce à eux, roulaient sur l’or avec autant d’argent pour nous couler un bronze. N’allez pas croire que je n’admire pas les individus qui sont parvenus à me dépasser pour participer à ces jeux. Moi, je m’essouffle uniquement à les regarder plonger, courir, s’escrimer, se gaver de cochonneries sponsorisées, se priver de chips, ou autres ersatz alimentaires pouvant améliorer leurs performances ou entrer en conflit avec certaines autres qu’ils préféreraient garder secrètes. L’indécence de cet événement a occulté toutes les autres réalités planétaires.

Je ne désirais pas en parler à cause de toute l’hypocrisie qui entoure toute cette beauté physique et culturelle qui ne répond plus à l’idéal des olympiades. Sous couvert de valeurs que je ne peux qu’endosser, c’est pourtant dope, scandales de tout acabit, financiers lors de la construction, enveloppes brunes pour certains juges, privilèges pour des déjà privilégiés dont on entend le plus souvent parler. Tout cela sur un fond de misère et de pauvreté, de pollution et de burkini controversé au pays de la fesse olé olé… et je suis loin d’être exhaustif.

Bon, voilà, c’est dit. Bravo! À tous ceux et celles qui ont eu le courage et les moyens d’y aller. Moi, j’ai profité de mon coin de pays en le faisant visiter à des amis français qui ont «tripé» sur nos lacs et rivières, sur les baleines qui nageaient beaucoup plus élégamment que moi. Oui, je sais, je me suis un peu éloigné du Windigo parfois. Il fallait bien diversifier les cordes à linge, les poutines et les pogos. Ils ont adoré la bière locale. Ils n’ont eu aucun «Empêchement» pour la boire. Non, je ne l’ai pas coupée avec du vin.

Finalement, la semaine dernière, ils sont repartis laver leur linge en Morvan. Mon été n’était pas pour autant terminé. Je suis allé à Kiamika. Je me suis cru reporté au début du siècle en déambulant entre les vieilles voitures qui souvent m’ont semblé plus neuves que des neuves tellement elles ont été chouchoutées et ont réussi à contrecarrer l’outrage du temps. Il y avait aussi plein de bénévoles s’affairant à recueillir des fonds pour chauffer leur église. Ils avaient organisé une vente de «garage» non pas pour réparer les voitures, mais pour la préserver de la froidure. Des billets pour le tirage d’une courtepointe sont en vente jusqu’à Noël. Informez-vous, auprès de…, mais ceci est une autre histoire.

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