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1 novembre 2017

Ferme-Neuve peut oublier le Sanctuaire des anges

M. Gérard déplore ne pas avoir reçu un appui suffisant de la communauté : « Ce que j’ai reçu de la part de ces gens [des Hautes-Laurentides], c’est “ Je ne peux pas compter sur vous autres ” » (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).
M. Gérard déplore ne pas avoir reçu un appui suffisant de la communauté : « Ce que j’ai reçu de la part de ces gens [des Hautes-Laurentides], c’est “ Je ne peux pas compter sur vous autres ” » (photo : archives – Le Courant des Hautes-Laurentides).

La décision est tombée : après un peu plus d’un mois de campagne de financement, le Sanctuaire des anges ne s’installera pas à Ferme-Neuve. Le président de l’organisme Projet Meilleurs Amis, Alain Gérard, a expliqué sur Facebook que « c'est la bêtise humaine et son égoïsme latent qui est à la source de la décision ».

Le 27 octobre, M. Gérard a publié sur sa page Facebook que « Le Projet Meilleurs Amis est fier de confirmer qu'il n'est pas loin le temps où le sanctuaire des anges verra le jour », mais le lendemain il a cru bon de préciser que « le sanctuaire ne verra pas le jour à Ferme-Neuve mais ailleurs au Québec ».

Or la décision était prise depuis le 11 octobre. Le président en avait fait l’annonce sur la page Facebook du Sanctuaire des anges, mais suite à des différends avec d’autres administrateurs de la page, ceux-ci l’auraient supprimée, aux dires de M. Gérard.

Il soutient que « suite à l’annonce, les couteaux ont volé bas », si bien qu’il a même « songé deux minutes à faire des poursuites pour diffamation ». Il rapporte s’être fait traiter de « tous les noms ». On l’aurait accusé d’être un « mauvais président » ainsi que d’être « arrogant » et certains ont affirmé qu’ils « savai[ent] que c’était tout croche ».

Un manque de bénévoles

Loin de laisser la population indifférente, le projet de M. Gérard n’aurait pas mobilisé suffisamment de bénévoles : « On ne peut pas faire véritablement un tel projet sans la collaboration des gens de la région ». Il explique donc que « ce qui est à la source [de cette décision] c’est l’instabilité » des bénévoles : « Au cours de tout l’été et de l’automne, régulièrement, je proposais à des gens de la région de venir s’intégrer dans le conseil d’administration, mais tous sans exception ont duré une semaine. »

Le président voulait que le conseil d’administration soit composé à moitié de bénévoles de la région « pour que ça soit représentatif ». Or, ils ne sont plus que quatre Montréalais à y siéger, les résidents des Hautes-Laurentides ayant tous démissionné pour des « raisons farfelues », aux dires de M. Gérard.

Outre le conseil d’administration, les bénévoles qui ont participé au seul après-midi de porte-à-porte le 8 octobre à Lac-Saint-Paul auraient également jeté la serviette. Ils auraient reproché au président d’être resté dans sa voiture en veston cravate et de ne pas avoir cogné aux portes avec eux, mais M. Gérard, qui s’occupe de bon nombre des tâches administratives de l’organisme, rétorque que « ce n’est pas parce qu’on ne me voit pas travailler qu’il n’y a pas de travail ». Le président croit que les bénévoles se sont désistés lorsqu’ils « ont vu que c’était du gros travail » et qu’ils « ont fait passer leur petit bonheur personnel avant la cause ».

Prétextant avoir promis de ne plus les nommer, M. Gérard a refusé de fournir au Courant les coordonnées des administrateurs et bénévoles démissionnaires. Il ne voulait pas lire les « sottises » que ces personnes auraient pu dire en donnant leur version des faits.

Réaction du maire de Ferme-Neuve

Le maire de Ferme-Neuve, Gilbert Pilote, était déçu d’apprendre la nouvelle, mais il « savai[t] que ce n’était pas un projet facile à réaliser parce que ça impliquait des sommes d’argent importantes ». Il croit que « trouver 5 M$ pour partir un projet, c’est pas demain la veille ».

Le maire assure cependant que sa municipalité « a tout fait pour l’aider », notamment en essayant de lui trouver un terrain. M. Gérard tenait d’ailleurs à souligner « l’excellente collaboration de la municipalité de Ferme-Neuve » dont « le conseil municipal a été d’une grande aide et d’un grand appui ».

Rappelons que le Sanctuaire des anges devait créer de 40 à 60 emplois dans cette municipalité de 2 706 habitants.

Nouvelle adresse : la grande région de Montréal

« Le projet vit toujours », soulève le président, mais il devrait plutôt se matérialiser « dans les 60 km autour de la Ville de Montréal ». M. Gérard a d’ailleurs rendez-vous le 1er novembre avec des étudiants à la Maîtrise en administration des affaires (MBA) du HEC Montréal pour discuter des prochaines étapes du projet.

Il affirme que « ce n’est rien contre la région des Hautes-Laurentides, [qu’il] apprécie grandement » bien que « certains ont soulevé cette hypothèse [qu’il] en avait contre les gens de la région », ce qui n’est « pas vrai du tout ».

Qu’en est-il des dons de la région ?

Le 2 septembre 2017, lors d’une rencontre d’information, Alain Gérard s’était engagé à remettre les sommes amassées à un autre refuge de la région si le projet ne fonctionnait pas ici. C’est déjà chose faite, le président ayant remis le 28 octobre un chèque de 650$ au Palace de l’Espoir, un refuge à domicile situé à Mont-Laurier.

Le fait que les dons seraient redirigés vers un autre refuge advenant le blocage du projet n’a toutefois pas été mentionné lors du porte-à-porte. Le Courant a discuté avec une des donatrices sous le couvert de l’anonymat. Celle-ci « trouve ça correct que l’argent ait été dans un [autre] refuge » bien qu’on ne l’ait « pas avertie ».

Mais ça pourrait rester à Ferme-Neuve…

Après avoir annoncé que le projet se déplaçait vers Montréal et après avoir remis les dons à un autre refuge, Alain Gérard pourrait reconsidérer sa décision « si le nombre de personnes à se manifester est suffisant ». Ainsi, le projet pourrait voir le jour à Ferme-Neuve en bout de compte.

M. Gérard aurait besoin d’entre 10 et 20 bénévoles « qui sont prêts à travailler une journée par fin de semaine pendant un bout ». Il croit que « si les gens de Hautes-Laurentides veulent avoir le projet, c’est à eux de se manifester » et « à ce moment-là le CA va reconsidérer sa décision ».

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