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31 août 2016

Espace Théâtre

Les plaisirs de l’inachevé

Jeudi soir dernier à l’espace Théâtre, «Et si Roméo et Juliette...» avaient eu une chance de s’en sortir? C’est ce que proposait DynamO Théâtre.
Jeudi soir dernier à l’espace Théâtre, «Et si Roméo et Juliette...» avaient eu une chance de s’en sortir? C’est ce que proposait DynamO Théâtre.

Une large foule des plus familiales et des plus bourdonnantes attendait avec impatience, jeudi soir dernier à l’Espace Théâtre, la présentation gratuite du spectacle-laboratoire de DynamO Théâtre «Et si Roméo et Juliette...»: une chance unique de découvrir l’avancement du projet d’adaptation acrobatique de la populaire pièce Roméo et Juliette.

DynamO Théâtre, c’est du théâtre, des pirouettes et un petit côté rigolo dans un univers très sérieux où l’enjeu est de traduire, en mouvements acrobatiques et en peu de mots, la résonnance que l’œuvre de W. Shakespeare, Roméo et Juliette a depuis ses débuts. Le travail porte sur le thème de l’amour romantique et de ses aléas et est ouvert à un public de 8 ans et plus.

Ce projet de spectacle, amorcé à l’automne 2013, aboutira au printemps 2017 à la Tohu à Montréal dans un format peut-être différent, qui sait? Car l’œuvre est toujours en chantier, même après deux différentes résidences avec l’équipe de Muni-Spec.

Déposer les armes

«Certaines de nos intuitions restent à confirmer. Il se peut ce soir que les acteurs demandent leurs lignes, que nous reprenions un segment. Merci d’être venu en si grand nombre, vous allez faire partie du processus de création», explique Jacqueline Gosselin, directrice artistique.

Les lumières s’ouvrent tranquillement sur un amas de métal rouge et noir plutôt abstrait, en zigzag. Sur un plateau tournant, deux grands escaliers rouges tordus finissent par apparaître, puis quatre acteurs/acrobates débutent: «Je suis Roméo, tu es, j’étais Roméo, Juliette». On ne sait pas trop qui est qui, et puis, on abandonne l’identification, car nous arrivons au constat que nous les sommes tous un jour ou l’autre. Les corps se mettent à grimper, tomber, voler, se battre, se déchirer, rapidement, au ralenti parfois. Très vite, l’on abandonne également l’idée de se faire raconter la pièce de Shakespeare. «Et si nous les laissions être heureux et déposer les armes?» se demande à la fin la troupe. Et si cette histoire finissait bien?

Non finito

«Je crois en l’intuition des enfants. C’est une pièce exigeante et nous allons continuer de défendre cette exigence» expliquera en conférence l’équipe qui ne cache pas que l’abstraction de cette histoire n’est peut-être pas à la portée de tous. D’un autre côté, les enfants présents auront majoritairement bien réagi à cette création inachevée plus dramatique que clownesque. Si les créateurs se sont inspirés des œuvres de Chagall pour initier les mouvements des corps, c’est plutôt au Caravage que ces tableaux nous font penser. Quoi qu’il en soit, il apparaît très sain pour une communauté d’ouvrir des débats sur la création et de se confronter à des œuvres inachevées plutôt qu’à la culture du tout cuit, l’imagination faisant le reste. Souhaitons bonne chance à la troupe pour la suite. C

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