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6 juin 2017

La convergence ratée

Frédéric Bérard

chronique juridique
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Vous rappelez-vous de la conférence de presse où Gabriel Nadeau-Dubois annonçait son arrivée en politique partisane? Des médias à chaque centimètre carré, un marathon de questions, une pluie de commentaires sur les réseaux sociaux. Rarement vu autant d’animation quant à une annonce propre à un parti ayant peine à aller chercher 7-8% des suffrages.

Partout où l’ex-leader étudiant passe, le feu prend. Il polarise, le GND.

Pensez-vous, par exemple, que la convergence ratée entre Québec solidaire et le Parti québécois aurait eu la même couverture, le même impact médiatico-militant, sans GND comme joueur majeur? Pas sûr…

Qu’en est-il, maintenant, des conséquences du refus des militants de QS de s’allier à ceux du PQ? Nombreuses et, pour certains, douloureuses.

Douloureuses pour le Parti québécois, on s’entend. Combien de fois a-t-on entendu Jean-François Lisée et ses députés parler, récemment, de l’importance de la convergence afin de renverser les libéraux? Des tonnes de fois. Ceci témoigne, en un sens, de l’aveu (candide) suivant: sans QS de notre côté, il sera difficile, voire impossible, d’accéder au pouvoir.

Avouons que ceci se démarque drôlement du PQ d’antan. Aurait-on pu imaginer Parizeau ou Bouchard clamer que « sans une alliance avec l’ADQ, on assure le pouvoir aux libéraux?!? » Pense pas, non. La CAQ étant actuellement deuxième (ou même première) dans la plupart des sondages, nul doute que le PQ avait besoin d’une alliance avec QS pour renverser la vapeur, pour changer la donne.

Un autre truc douloureux: l’élection même du député de Rosemont, Jean-François Lisée. Celui-ci a vu, lors des derniers suffrages, sa marge de manœuvre fondre comme neige au soleil. Alors qu’il obtenait 8 944 voix d’avance en 2012, seulement 1 598 voix lui permettait, en 2014, de devancer son plus proche rival. Québec solidaire étant particulièrement fort sur l’Île de Montréal, parions que l’un des comtés visés par la formation sera nécessairement celui du chef de l’Opposition officielle. Et disons qu’avec toute la publicité obtenue par QS depuis l’arrivée de GND, le mandat semble pour le moins réaliste.

Ceci m’amène à discuter d’une autre conséquence probable de la convergence ratée: celle d’avoir hissé QS vers le haut. Tout ce débat, lequel fait d’ailleurs encore rage, semble se baser sur une prémisse fondamentale: le PQ et QS sont d’importance égale. Bien que la réalité soit toute autre, tant en terme du nombre de députés que de suffrages obtenus, cette nouvelle impression pourrait s’incruster dans la tête de maints électeurs. Pas bon, cela non plus, pour le PQ.

La planche de salut de ce dernier? Faire reposer l’échec de la convergence sur les épaules de QS, caricaturer ce dernier, et tenter maintenant de gruger le vote caquiste, notamment en (re)jouant la cassette identitaire.

Lisée et compagnie sont d’ailleurs déjà au travail, notamment en accusant QS d’être dirigé par un «politburo»[!], et en plaidant qu’il était temps de mettre fin au concept de l’interculturalisme, concept pourtant défendu, hier encore, par le chef du PQ. Du Lisée classique, quoi. Reste à voir ce qu’en penseront les électeurs et électrices québécoises. Réponse en 2018… C

La CAQ étant actuellement deuxième (ou même première) dans la plupart des sondages, nul doute que le PQ avait besoin d’une alliance avec QS pour renverser la vapeur, pour changer la donne.

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